Cette expérience qui m’a rendue meilleure: Burn-out, ou quand la maladie attrape la santé!

devenir meilleure

L’expérience qui m’a rendue meilleure est ma chute : burn-out ou comment  la maladie attrape la santé, ou l ‘inverse!

Dans cet article, je vais vous parler  d’une maladie  invisible et honteuse qui touche beaucoup d’entre nous , de ma chute qui m’a rendu meilleure.

Cet article participe à l’événement inter-blogueurs “Cette expérience qui m’a rendu(e) meilleur(e)” organisé par le blog Recouvrement Facile.

Le scénario:

Une vie, une passion.

Je suis médecin urgentiste, passionnée par mon travail. J‘ exerce ce métier depuis toujours, j’aime mon boulot, mes collègues, l’ambiance d’un service d’urgences.
Dans ces services, l’activité est tellement intense qu’on doit se serrer les coudes.. Je protège ton dos, tu protèges le mien.La lutte contre la maladie, pour une vie meilleure.

A la vie ,à la mort.

Courir sans cesse après la vie qui échappe, annoncer des mauvaises nouvelles, comme ça brutalement, lors des drames des accidents de la route par exemple.Et puis il y a ceux qu’on n ‘oublie jamais. Ceux à qui on sauve la vie, en se disant que finalement, on n’y est sans doute pour rien. Et puis tous les autres, toutes les personnes âgées , aux multiples maladies, dont plus personne ne veut, ni la famille quand il y en a encore une, ni la maison de retraite avec l’argument « je ne veux pas être responsable de son décès » , tous les malades chroniques décompensés, les inquiets , les douloureux, les habitués.

Le monde de la nuit.

 Mon préféré, avec les dingues et les paumés, tous les défoncés de la vie qui viennent nous voir comme si nous étions leur dernier espoir, leur meilleur ami. L’alcool, la drogues, les maladies de la nuit! En fait à 4H du matin, il reste qui pour trouver un sourire, un peu de réconfort, quelqu’un?  les gendarmes, les policiers, les pompiers et les urgences!

L’amour du métier et le temps de travail

Médecin est le seul métier d’Europe où nous pouvons travailler 24H de suite.. ça n’existe nul part ailleurs… seriez-vous performant après 24H passées à votre travail? Bref j’ai tellement aimé ce métier que ce n’était pas un travail, mais une vie , une passion comme on s’amuse à le dire!

Vivre à l’hôpital, une famille :

Des fois, je me disais que je passais plus d’heures à l’hôpital que chez moi, et qu’un chez moi ne me servait plus à rien.C ’est ainsi que mon mari et moi avons vécu à l‘hôpital. Un jour trop fatiguée, je suis partie le matin en lui disant que je n’en pouvais plus de faire le trajet, j’étais trop fatiguée. “Allons vivre dans une chambre de garde! » lui avais-je dit. Il m’a suivi! Nous vivions à l’internat. Il a ainsi pu découvrir quelles étaient nos vies. A peine le temps d’avaler debout une purée réchauffée au micro-ondes avec encore des traces de vomi sur les chaussures à 23H, que le bip résonnait et qu’il fallait repartir en courant!

Les jeunes années:

J’avais 30 ans, c’était formidable: la vie de jeune chef, je pouvais transmettre à mes internes ce que mes maîtres m’avaient enseignés et m ‘enseignaient encore. Puis les concours , les échelons à gravir, la carrière, de nouveaux diplômes pour être toujours au top, la fatigue qui s’accumule, le divorce. Bref la vie comme tout le monde avec ses hauts et ses bas!

Et la suite:

Je vieillissais sans m’en rendre compte, sans y penser.. quand j’avais 2 jours de libre, rarement les week-end comme les autres, je pouvais sortir , boire et danser, me croyant heureuse, oubliant ainsi la misère que j’avais vu dans la détresse des patients et aussi la mienne!

L’évolution du métier:

Les temps changent et les urgences débordent: de 8 millions de consultations en 1995 , nous sommes passés a 21 millions en 2016.

1998

Quand j’ai pris ma première garde aux urgences le 14 novembre 1998, j’étais seule , interne, avec un collègue aussi jeune que moi en chirurgie  Heureusement, les  infirmières et les aides soignantes qui connaissaient bien le métier, le service ,m’ont tout appris!

2017

Quelques années après, plus assez de médecins pour combler les trous dans les plannings, des grèves pendant lesquelles on n’a pas le droit d’arrêter de travailler pour dénoncer les manques de places dans les hôpitaux, ,réclamer que la loi soit appliquée, à savoir travailler 39H par semaine et pas 48 minimum et 60 maximum, ce qui n’est pas toujours respecté! par certaines directions.  Encore hier, dans l’Oise, un scandale car une patiente âgée à été renvoyée chez elle après minuit: c’est toujours avec un sentiment de honte que ces décisions sont prises, après avoir pesé le pour et le contre,  et pas de gaieté de coeur! mais que faut-il faire? La garder sur un brancard, dans un couloir, sachant que ce brancard peut manquer aux pompiers quand ils arrivent pour déposer un autre patient et que si les pompiers sont ainsi bloqués, ils ne peuvent pas intervenir ailleurs.Beaucoup d’urgentistes quittent encore aujourd’hui leur service , démissionnent tous  en même temps .
Bref, vous comprenez que je commençais à souffrir de grande fatigue!

Je devenais peut être une vieille conne!
Et puis après 15 ans d’études , on est persuadé qu’on va sauver tout le monde enfin! 15 ans de frustration, d’études et enfin de l’action.Au bout de quelques années, on comprend qu’on ne sauvera pas tout le monde et même personne! Ou peut être qu’il faut commencer par soi!

L’accident:

Le week-end d’avant:

Le lundi 13 février 2017, je prends mon poste à 13H30 .. je n’avais pas travaillé depuis le vendredi, j’avais eu un week-end entier sans travailler.. c’était rare et c’était mon seul WE de février alors que je venais de passer à 80% pour ne travailler que 39H.

Le dimanche, j’avais organisé un repas dans une magnifique exploitation, tout en permaculture et bio, une table d’hôte exceptionnelle avec visite de l’exploitation, , 12 de mes amis étaient là: un dimanche au soleil , à manger bio et à refaire le monde. Je me suis bien reposée.

Lundi 13 février

13H30

J’arrive dans le service et je découvre l’apocalypse.. des véhicules de pompiers qui forment une sorte d’embouteillage devant les urgences ,des patients  partout, pas de brancards disponibles, aucune place dans l ‘hôpital, je n’ose pas croiser le regard des patients ,âgés , souffrants, qui sont depuis plus de 24H sur leur brancard, qui gémissent… pas d’aide soignants. Certains patients sont souillés dans leurs excréments.

accident

Les dossiers continuent de s’entasser. Je dois imprimer des bons pour que les brancardiers emmènent des patients au scanner, le scanner refuse les patients, le logiciel pour le brancardage ne fonctionne pas, le brancardier m’ordonne de régler ce problème, sinon, menace de ne pas brancarder les patients.

Plus de papier dans l’imprimante.

Une consoeur me demande de raccompagner les patients à la sortie alors que des agents de sortie doivent faire ce travail, la surveillante me dit qu’il y a un aide soignant mais qu’il est posté ailleurs. Tout est absurde, et devient confus, plus rien n’a de sens.

Je suis médecin , et je n’ai pas une seconde pour faire de la médecine. Je me trouve dans une situation absurde où je dois prendre du temps avec mes patients pour les soigner et aller vite pour écouler les dossiers en attente.

C’était fini,  être bon médecin et bon urgentiste n’était plus possible pour moi ce jour là.

Je rentrais pourtant d’Haïti 2 mois auparavant,, en mission après l’ouragan Matthew,. Là, pas d’histoire de brancards ou d’imprimante, et un superbe travail d’équipe! J’étais en France , en 2017, dans un hôpital public, et je me retrouvais en position de médecine de catastrophe! Comme souvent finalement,  j’ai même été formée pour cela;.. mais que se passe-t-il aujourd’hui?

14H40, premiers signes cliniques:

Mais il n’y a plus de médecin là, je suis standardiste, secrétaire, brancardier, agent de sortie. Mon esprit s’échappe: je regarde la scène, mais je ne suis plus là. C’est insupportable! Mon impuissance m’est insupportable! Il faut que tout ce bruit s’arrête , que le téléphone arrête de sonner ,que mes confrères, quand j’arrive par miracle à les avoir au téléphone car ils sont tous aussi débordés que moi, me disent « oui, je prends ton patient ».Les patients sont là depuis tellement d’heures, trop d’heures!

15H30.

A cet instant, je cherche une raison à mon absence, au fait que mon esprit quitte mon corps, que tout me semble lointain, que tout semble brutalement tourner au ralenti .Autour de moi.. je n’entends plus le bruit… c’est comme si je disparaissais, plus rien ne semble réel:: ai-je des métastases cérébrales, suis-je en train de faire une crise d’épilepsie partielle!? “Les absences” est un terme médical qui décrit des crises d’épilepsies particulières. C’est la seule idée qui me vient alors en tête. Mais je suis indifférente à cette idée. Je sors me cacher et fumer une cigarette avec ma collègue infirmière qui a vu que quelque chose clochait en moi!
Voila: un burn out, c’est instantané, comme une crise d’épilepsie!

L’incompréhension

Pourtant il n’y a que des gens de bonne volonté qui travaillent là et le système rend ainsi les humains: maltraitants au lieu de donner de l’attention , une écoute attentive , du soin , de la bienveillance! Que restait-il de tout cela dans le monde dans lequel je vivais.. rien !Nous avions soit disant des outils informatiques pour nous simplifier la vie: ils nous prenaient tout notre temps et nous ne travaillions plus que pour eux!

23H30:Sortie de scène:

Je vais finir ma journée en voyant quelques nouveaux dossiers, sans plus parler , ne répondant plus au téléphone ni à personne! Je vais parler avec les patients, ne plus tourner le regard. Ils vont m’encourager toute cette journée là.”Docteur, comment faites vous pour tenir? »”Mais c’est vous monsieur, qui êtes là depuis hier soir à attendre votre scanner qui êtes courageux, vous avez besoin de quelque chose? »..Je me souviens encore de chacun , de leur visage, de la chaleur de leur main, de leur odeur, et de leur pathologie!
Je vais mettre deux heures  à quitter l’ hôpital. Je savais que je n ‘y reviendrais jamais!

La maladie:

Le choc:

Passer de l’autre coté de la barrière et pour une maladie invisible!
Ne pas pouvoir sortir de chez soi sans entendre dire « alors les vacances, ça se passe bien? » ou « arrête de mettre des photos de gâteau sur Facebook, ça énerve tes collègues qui travaillent à ta place ». En arrêt maladie, vous n’avez pas d’autres choix que de rester au fond de votre lit à pleurer, sans manger aux yeux de certains soignants..sinon, vous devez aller travailler quitte à en crever!.. Un médecin sur 2 en France est actuellement en burn-out, et c’est une des professions où on se suicide le plus.. mais chuttt.. tabou, la médecine doit être en bonne santé! alors il va falloir se battre pour guérir!

Être bienveillants les uns envers les autres:

Mon arrêt de travail sera la goutte qui va faire déborder le vase. Un seul de mes confrères va venir à ma rencontre, je vais lui expliquer ce que j’ai vécu , ce jour là . Grâce à lui, je vais écrire à tous mes collègues une lettre  que j’ai appelé ” mon cas clinique ».2 jours après cette lettre de 7 pages, un préavis de grève est déposé et les urgences vont se mettre en grève! Je vais revenir à l’hôpital à la table des négociation.Je découvre   alors la détresse psychologique de mes confrères qui sont dans le même état que moi, mais qui tiennent encore.

Peut être étaient ce les premiers signes , nous allions sortir la tête du guidon, retravailler les uns avec les autres, se faire entendre des confrères de la radio, des étages, le directeur même qui ignorait tout des dysfonctionnements du service: les retards des résultats des labos, le téléphone qui sonne sans cesse, le brancardage, la radio…

Cet hôpital  ne va toujours pas mieux aujourd’hui.

Ma vie de malade!

La maladie invisible:

Prendre rendez-vous avec le psychiatre: ça veut dire prendre son téléphone, composer un numéro, écrire sur un calepin la date de rendez-vous, car je n’arrivais plus à me concentrer, prendre sa voiture, se concentrer pour conduire, se rendre à son cabinet.. et bien tout cela m’était difficile.. j’étais physiologiquement et physiquement épuisée.. et je me disais, tu as ta tête, tes mains , tes bras, tu peux composer un numéro de téléphone.. conduire: wouahh, une véritable épreuve de concentration, le psychiatre devait venir chez moi au début..…

maladie

Un sentiment de honte vous envahi..

Quelle médecine allait bien pouvoir me redonner confiance, cette confiance perdue lors de cet arrêt brutal, quelle médecine allait soigner mon burn out qui n’a rien avoir avec une dépression, mes troubles du sommeil, mon addiction à la cigarette et à l’alcool comme beaucoup de médecins de tous âges, l’estime et la confiance en moi?

La dépression, ça vient après, quand on réalise qu’on n ‘a plus de place dans la société, plus de travail, donc plus d’argent.. que la honte s’empare de moi car la société manque de médecins et que je vis isolée, incapable de faire autrement..

Alors quelle est la détresse d’un chômeur avec peu de formation , quelle est la détresse d’une personne ayant une maladie qui fait qu‘il ne retrouve pas la route de chez lui, quelle est la détresse d’un malade chronique, quelle est la détresse de toutes personnes malades?

dépression

Aux urgences, je m’entends encore râler , n’ayant pas assez de temps, en disant « mais là c’est du social, je ne peux rien y faire, je n ‘ai pas le temps ».

Mais  tout cela est  lié, médecin , je choisis de prendre en charge l’individu en souffrance avec toute sa complexité et sa globalité, sinon, rien ne fonctionne.
Bref, les mois vont s’écouler et chaque jour sera une lutte: une lutte pour vivre, une lutte pour se reconstruire, une lutte pour faire le deuil de cette vie que j’avais tant aimée, une lutte pour pouvoir à nouveau travailler et retrouver une place dans la société… J’étais passée du statut de médecin en blouse blanche au statut de malade mental .
Et c’est ce qui m’a fait devenir meilleure!

La maladie visible:

De plus le 10 février, j’avais ressenti une vive douleur à la paupière droite.. c’était le début d’une atteinte de ma cornée: j’avais demandé à l’interne d’ophtalmo ce qu’il en pensait, je me soignais en suivant ces conseils et pensais qu’il pourrait me suivre.. Entre temps, j’avais laissé tomber ma blouse.

Je découvrais le parcours du patient qui recherche un ophtalmologiste: après 30 appels téléphoniques à des cabinets d’ophtalmo en ville, et après être tombée 28 fois sur répondeur téléphonique , et 2 fois sur des secrétaires, la réponse était la même :” il n’y a pas de place avant 6 mois, allez aux urgences”… Je suis allée me présenter dans 2 cabinets, avec mon oeil exorbité, rouge , coulant , ne voyant plus rien de cet oeil extrêmement douloureux… pour m’entendre dire d’aller aux urgences.. une secrétaire, a fini par avoir pitié de moi, j’ai pu voir un ophtalmo..

Les urgences, c’est là où je travaillais, là où je disais aux patients: “mais pourquoi n’allez vous pas en ville? ” , là, où je ne pouvais plus aller sans être prise de sueurs , de palpitations et de tremblements…

Pardonnez moi, je ne savais pas….

Après 8 mois, mon oeil guérit… ça ne se voit quasiment plus.. même mes proches   me disaient sur un ton sévère “quand vas tu te décider à  faire soigner ton oeil, c’est laid ».. C’est vrai que j’étais défigurée mais je me soignais comme on me l’avait prescrit et du mieux possible. Cet oeil m’a permis de retourner dans mon premier hôpital, celui de mes premières gardes… Comme quoi, il y a toujours du bon quelque part!!!

La lumière au bout du tunnel:

Après quelques mois, à prendre soin de moi, c’est à dire dormir, ne plus fumer, ne plus boire, rechuter, recommencer, dormir encore, m’isoler, mes neurotransmetteurs se régénéraient et j’allais mieux!

Mais j’étais encore incapable de reprendre mon activité: les psychiatres m’expliquaient alors que j’étais comme un professeur des écoles qui semble aller bien et que s’il retourne dans une classe turbulente d’enfants, on le retrouve pendu 2H après… j’en étais bien là.

Je crois qu’aujourd’hui, si au téléphone, un radiologue me refusait un scanner en me raccrochant au nez, je ne le supporterais plus. Pas plus que je ne pourrais supporter de voir un grand nombre de personnes dans un service d’urgence, sur des brancards, plein de merde depuis 24H avec la poche à urine par terre, et ne pas avoir le temps de les soigner avec toute la bienveillance, l’attention, l’écoute et l’amour nécessaires.

Aujourd’hui:

La guérison:

Aujourd’hui, je vais mieux.

Mais je n’ai plus de métier.. je sais que je ne suis plus en capacité d’être urgentiste, ou pas encore…

Comment faire pour être à l’écoute de son patient, prendre du temps avec lui ,sachant que 80% du diagnostic se fait sur l’interrogatoire, l’histoire de sa maladie , et aller vite comme dans les services d’urgences dont l’activité a été multipliée par 3 en 20 ans, spécialité où il manque plus de 300 médecins… 300 postes non pourvus..
Aujourd’hui, j’envisage d exercer  différemment.

La réflexion:

La reconnaissance

Comme j’entends beaucoup autour de moi, aujourd’hui: ” je n’aimerais pas être à ta place, les gens vous détestent, vous les médecins. Dès que le médecin prend des vacances avec sa famille, on le traite de profiteur, il nous laisse tomber, il est égoïste. Pour porter plainte contre son médecin, il suffit d’aller sur internet , essayez de faire de même avec votre garagiste…Bref, le métier manque de reconnaissance. “.

Les inégalités de salaire et de statuts

J’ajoute que dans un service d’urgences, les salaires entre médecin passent du simple au triple; la reconnaissance passe aussi par la reconnaissance financière.La médecine générale en ville est la moins rémunérée d’Europe. Partout, le métier d’intérimaire fleuri. 500 millions sont dépensés chaque année dans les hôpitaux ainsi.. Ne vaudrait-il pas mieux revaloriser la profession?

Pourquoi et comment?

J’ai fait médecine pour soigner , pour soulager.. pas pour imprimer des bons.. ou je ne sais quoi.. Comment se fait il que nous disposions de soi-disant des outils qui doivent nous simplifier la vie , nous faire gagner du temps et que ceux ci nous pompent justement tout notre temps…

Rien ne m’imposera plus de ne pas avoir suffisamment de temps pour écouter mon patient et le prendre en charge dans sa globalité… Allez à lui s’il n’est pas en capacité de venir à moi, organiser sa prise en charge, son rendez-vous avec un spécialiste, les moyens pour qu’il y est accès. .

Il manque des médecins, il n’y en a pas pour tout le monde.. Et bien déléguons, formons les gens à devenir acteur de leur santé plutôt que de lutter contre la maladie et à venir en aide au plus fragiles! Le maillon  faible d’une équipe est celui qui rend l’équipe plus forte!!

Mon expérience, Mon expertise:

Je serais d’autant mieux à l’écoute parce que moi aussi j’ai du chercher une oreille attentive , j ai du chercher de l’aide et l’aide n’est venue que de moi, avec des tuteurs autour. Aide toi et dieu t’aidera.Je suis devenue actrice de ma santé.
On ne devient expert qu’en vivant une expérience , en vivant sa méthode! et bien aujourd’hui, j’ai l’expérience de l’intérieur et de l’extérieur  d’un système de santé malade, j’ai l’expérience de la maladie invisible, de la quête du spécialiste..

Et si ce burn-out était ma plus grande chance?
Je souhaite: devenir médecin pour les soignants, pour les patients les plus isolés, pour les patients devenus acteurs de leur santé, exercer une médecine qui prend en charge le patient de manière globale.

Mais en fait ce que je veux faire aujourd’hui, c’était mon rêve de gosse.

Conclusion

L ‘expérience qui m’a rendue meilleure est d’être devenue malade moi même.
J’ai rendez vous aujourd’hui même, 19 ans jour pour jour après ma première garde avec l’agence régionale de santé, le conseil de l’ordre, la caisse d’assurance maladie pour je le crois, me rendre le plus utile tout en restant alignée avec mes valeurs, mes rêves de gosse! . J’espère maintenant retrouver au plus vite ma place au sein de la société.Pour la petite histoire, j’ai aussi rendez-vous avec l’ophtalmo pour en finir avec cette maladie et c’est même mon anniversaire.

santé

La morale de cette histoire:

Si toi aussi tu rencontres des difficultés, que tu souffres, que tu doutes,

N’abandonnes JAMAIS,

N’abandonne pas tes rêves de gosse. Regarde l’enfant que tu étais: tu le vois? Tends lui la main, serre le dans tes bras et repartez ensemble conquérir le monde de tes rêves, n’abandonne jamais!

 

Merci

Merci à tous ceux qui m’ont soutenue depuis le premier jour dans cette expérience, cette maladie: Jean-Francois, tous mes voisins, Olivier, Aurore, Philippe, Victor, Christophe,Jonathan, les copines du club de gym, mes parents, tous mes collègues des urgences, médecins, infirmiers, aides soignants, tous ceux qui se battent chaque jour pour faire que l’hopital public vive encore

Je dédis cet article à tous les patients allongés sur des brancards, et à mon confrère qui ne s’est pas réveillé, à sa famille, et à tous ceux qui travaillent à l’hôpital public.

Vous pouvez découvrir d’autres histoires inspirantes et le bilan de ce carnaval en cliquant ici.

Si cet article vous a plu, vous touche, aimez et partagez. N’hésitez pas à faire des commentaires, là, juste en dessous, partagez vos expériences.

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16 Comments

  1. Wo wo wo ! Ça c’edt Du témoignage poignant qui mériterait un petit podcast 😊. Je vous souhaite de réaliser votre rêve de gosse ! Et Happy Birthday alors !🎉🎊🎉🎊🎉

  2. Témoignage bouleversant. Ce système, qui broie médecins comme malades, doit être revu de toute urgence. Malheureusement, les politiques ne se préoccupent pas vraiment de la question. Eux ont accès à l’hôpital de Clamart….

  3. lorsque on a été au fond du puits sans échelle dans le noir et la froidure de la vie , que l’on est plus RIEN , que personne autour ne vous comprends car vous avez tout pour être heureux( ça c’est le pire de tout ), tous ceux et celles qui ont vécu cela savent apprécier la lumière , le soleil , les arbres , tout ce qui est VIE au centuple après cette dure expérience qu’on ne souhaiterai jamais à quiconque tellement c’est horrible . Mais après quelle richesse ! , quelle empathie ! , avoir justement la capacité de comprendre ce qui est incompréhensible pour l’avoir vécu soi même , aider ceux qui souffrent du même mal et leur prouver qu’il y a un “après” bien plus riche que l’ “avant” et enfin pouvoir goûter à sa vie . Attention : à tout donner aux autres sans jamais avoir de retour , sans jamais prendre du temps pour soi car on n’a pas ce temps ,ON S’OUBLIE ,ça finit par user insidieusement et maléfiquement l’esprit et c’est le corps qui parle ,un jour il lâche tout brutalement et la chute est sévère . Il faut du temps pour se récupérer , s’analyser , se reconstruire , retrouver ses fondations et tourner le dos à cette vie de “con” excusez le terme , cette machine infernale qui a bien failli avoir votre peau . Dame NATURE est une grande aide , le repos indispensable et il faut s’autoriser à se faire plaisir , ce n’est pas égoïste c’est juste une question de survie . Seuls les gens qui sont passés par là peuvent vraiment comprendre et c’est ça la vraie richesse , NE PAS PASSER à coté de SA VIE être riche pour donner aux autres si vous êtes vidés vous n’avez rien à offrir . Cette vie est fragile alors qu’on la croyait invincible et sans limite , on est pris dans le tourbillon et on ne s’aperçoit de rien à part une fatigue chronique ,un sommeil perturbé et un ras le bol des fois ,une hyperactivité qui vous use encore plus et un cerveau qui tourne à 10 000 tours/ mn mais là le mal est déjà fait la chute n’est pas loin et d’un coup PLAFF !!! Mais on s’en sort encore plus fort et là on goûte aux bons moments de la vie . Alors prenez le temps de GOUTER et même de SUSSURER , posez vos valises régulièrement , soufflez , faites vous plaisir , ne vous rendez pas vous même esclaves , dites STOP !! VIVEZ ….

  4. Félicitations Andrée pour cet article à couper le soufile. J’ai trop aimé ! On a vraiment l’impression d’y être. Et bon anniversaire du coup 😉. Prends soin de toi à bientôt 😊

  5. Magnifique témoignage…
    Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.
    Bravo.

  6. Bonsoir “Dédé”, je vous ai connu au service des urgences de l’hôpital de Meaux. J’attendais sur un brancard, dans un couloir. Comme j’y étais déjà venu, vous m’avez reconnu et accueilli par un tonitruant “Wouah! la tête que vous avez aujourd’hui!” Et vous vous êtes occupé de moi rapidement. Heureusement, car je souffrais pas mal. Ce midi, j’ai mangé avec Ginette et Bernard et nous avons pensé à vous. Merci pour votre témoignage. Bonne reprise dans cette vie qui peut être tellement belle!!!

  7. Merci Andrée de t’être livrée avec autant de sincérité et de courage. C’est en en parlant qu’effectivement cette maladie ne sera plus tabou. Ton histoire est bouleversante et en même temps pleine de force ! Tu nous donnes la pêche !!!

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