Se reconstruire après un burn-out. les chemins de la résilience professionnelle. Partie 1

burn out

A un moment, fallait bien en parler.
donc le livre du mois sera: se reconstruire après un burn out. Les chemins de la résilience professionnelle.
Ce livre est un guide, fait de témoignages de salariés, des survivants du travail, de test, et de clefs pour parcourir le chemin de la résilience professionnelle.

Mon histoire:

Médecin urgentiste, j’ai toujours voulu faire ce métier: une vie , un métier, une passion.
J’ai eu le bac au rattrapage, suis montée à la capitale avec une bourse pour pouvoir poursuivre mes études, j’ai réussi mes études, je travaillais la nuit comme gardienne d’hôtel, puis régulatrice aux urgences médicales de Paris, comme aide soignante puis infirmière dans les années SIDA. Je vais rencontrer celui qui sera mon mari pendant mes études, il était musicien et me suivra jusqu’au coeur de l ‘hopital où nous avons vécu quand j’étais trop fatiguée pour prendre les transports. Malgré tout, je vais le quitter, estimant que je n’avais pas assez de temps à consacrer à moi, à mon couple, et au le travail.. Je vais réussir tous les concours, et vais travailler dans l’hopital qui m’a vu naitre, dans ma région. Après 12 ans dans le service des urgences, je décide me remette en cause et de changer de service, de vie. Je pars aux urgences en Martinique. Et là, un événement encore difficilement acceptable pour moi aujourd’hui, car trop violent, mon corps et mon esprit me lâche brutalement le 13 février 2017. C’est un lundi, vers 14H30.Tout devient absurde et insupportable. Que suis je devenue? qu’est devenu mon travail? Nous venons de changer de locaux, tout est neuf et beau. Je rentre d’haiti après l’ouragan Matthew. D’un seul coup, mon esprit ne peut plus supporter tout ce qui se passe autour de moi. je ne fais plus partie de la scène qui se joue devant moi. Je croie que je fais des crises d’épilepsie partielle tant tout devient étrange à moi. Tout me semble contradictoire et impossible. Je suis submergée. Comment puis-je exercer avec rigueur et bienveillance mon métier de médecin si je dois aller chercher du papier pour l’imprimante, courir pour cela chez la surveillante, imprimer un bon pour le brancardier, appeler le brancardier, réimprimer un nouveau bon car le précédent est perdu, appeler le laboratoire car les bilans sanguins ne reviennent pas, expliquer au patient qu’il n’aura pas son scanner et que le chirurgien passera .. raccompagner les patients à la sortie, répondre au téléphone!!! et STOP!!! il est où mon métier là! il est où le plaisir que me procure ce métier? ils sont où les soins que je dois donner aux patients? elle est où ma bienveillance! je ne retournerais plus jamais travailler! Apres plusieurs semaines passées seule dans mon appartement , entre le lit, les WC et le canapé, la consoeur qui fait les plannings me demande avec insistance par mails à quelle heure je souhaite revenir travailler le 28 février: je lui réponds que je ne reviendrais pas. Je ne sais encore absolument pas ce qu’il arrive!Un de mes confères va insister pour qu’on se voit.Apres 3 heures passées ensemble, moi à pleurer et à lui raconter ce que je vivais, il écrira à tout le service un mail « big up à notre consoeur, qui souffre d’une maladie dont personne ne parle, le burnout ». Ca y est, c’était écrit. Je lui demande si je ne devrais pas écrire à tous mes confères ce que je lui avais dit la veille au soir. C’est ce que je vais faire avec ce que je vais appeler « mon cas clinique ». Je ne savais pas encore que c’était un réel cas typique de burn out! une caricature!. A ce moment là, je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé, j’ai reçu des mails de soutiens de mes confrères mais aussi de détresse extrêmes. 2 jours après l’envoie de cette lettre, tous les points de souffrance que j’avais évoqués étaient devenus des points de revendication d’un préavis de grève. La parole de mes confrères était libérée. Mon burn out et ma mise en danger extreme, n’allait pas être vain!je n’étais donc pas folle, nous souffrions des mêmes maux, et ma limite avait été atteinte.
Etant déléguée syndicale, ce que personne ne savait réellement, j’ai été invitée par mes confères pendant la période de négociation. Bref mon burn out me dépassait.je fuyais les journalistes, continuais de me cacher bien que très exposée, je continuais à m’épuiser. Certains de mes confrères se confient à moi: ils prennent des anti dépresseurs, des somnifères.. sont épuisés.. mais que fait le travail de nous?
La nature ayant horreur du vide, je me suis inscrite en CAP de cuisine, puis très vite l’envie de faire encore de la médecine est revenue.. Alors je dois aujourd’hui m’inventer un nouveau métier, inventer une nouvelle façon d’exercer!
Notre système de santé, bien que formidable et généreux, est entrain de crever! et il est de notre responsabilité de réagir. Désert médicaux, un médecin sur 2 en burn out, hôpitaux qui se vident de leur professionnel et se remplissent de patients…
Si j’écris cela aujourd’hui, c’est que les ouragans qui se sont déchainés sur les Antilles, m’ont ramenés à mon impuissance. A part envoyer de l’argent , j’étais dans l’inaction , impuissante.Dès que nous ressentons de la compassion, notre sollicitude devrait immédiatement se traduire par une action. Cela m a fait prendre conscience et m’a permis enfin d’accepter ce qui m arrivait. Aujourd’hui, isolée professionnellement, je dois tout reconstruire, me reconstruire. Je ne fais plus partie du service, ne reçoit plus aucune nouvelle des plannings ou de l’organisation du service. Bref, la vie continue sans moi. J’ai choisi de revenir dans ma région natale, et heureusement, la vie continue sans moi aussi! Alors effrayée, j’ai relu ce livre que j’avais déjà lu en Mars. Ouf, mai si , j’avance! ça sera long, mais j’avance.
Si j’écris cela aujourd’hui, avec encore beaucoup de pudeur, c’est que je souhaite vous prévenir, vous mettre en garde! dans le mileiu de la santé , de hopital, les travailleurs sont très exposés, et se faire soigner quand on est soignant est extremement difficile car il faut retrourner pour cela sur les lieux où c’est jouer le drame de sa vie!
Quelques livres traitent du burn out, mais jamais du burn out des soignants! et pourtant la profession bat un triste record du taux de suicide! mais c’est tabou .
Si j’écris aujourd’hui, c’est ma façon d’aider mes confrères qui travaillent encore jour et nuit. Prenez soin de vous pour ne pas en arriver là.

voila quelques test , bien que controversés, prenez les au sérieux, et faites vous aidez si besoin:
test de Copenhague
test de Maslach

pour ceux qui préfèrent les videos, cliquez ici

et ici

http://www.burning-out-film.com/?lang=fr

Aujourd’hui, je ne veux pas écrire un article sur le burn-out des soignants, mais juste vous offrir ce livre, bonne lecture.

Se reconstruire après un Burn-out. Les chemins de la résilience professionnelle.

Préface: se remettre sur les rails de la vie.

LE TRAVAIL EST
-UNE VALEUR IMPORTANTE de notre société.
– est valorisé socialement
– répond à de nombreux besoins : épanouissement, relationnel, espace social, appartenance, source de revenu, etc. Une bonne partie de notre éducation, notamment scolaire, est de nous conditionner à donner le meilleur de soi au travail, nous apprenons que tout travail mérite salaire et offre la possibilité d’un retour d’investissement (financier, reconnaissance ou sécurité).

Nous glissons de l’école, aux études supérieures jusqu’au travail comme sur un toboggan, certains grisés par la vitesse… jusqu’à l’accident.
Nous avançons dans la vie avec des « il faut » et des « je dois » au lieu des « je décide » et « je choisis ».
Si être adulte c’est être libre, le prix à payer est souvent d’être seul, notamment seul à prendre soin de soi, bien qu’on pourrait espérer que, dans une société humaine, les autres fassent preuve de compassion…
Quand on a été trop loin et que l’on s’est « brûlé » au travail, il est impossible de faire comme avant et de balayer cet accident de parcours d’un revers de la main pour recommencer tel quel. On est devenu souvent « allergique » à la façon de travailler précédente. Sortir du burn-out demande de la flexibilité psychologique, de la créativité et de l’humour face à la vie.

Ne laissant jamais en plan le lecteur, elle lui permet de s’identifier tout en lui indiquant des voies de sortie de façon pratique. ce livre est un message d’espoir pour tous les travailleurs et les salariés qui se sont brûlés au travail.
Docteur Jean-Christophe Seznec médecin psychiatre, président de l’AFSCC 1

Introduction

ce livre
-vous propose d’explorer le chemin de la reconquête de votre identité professionnelle si vous avez vécu un burn-out ou si vous pensez le frôler.
– est le résultat d’une enquête menée auprès de salariés ayant en commun ce douloureux épisode dans leur vie professionnelle.
objectifs
– aide à identifier, dans votre environnement de travail les origines probables de votre burn-out pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus.
– aide à trouver des facteurs de reconstruction efficaces
-éclaire le chemin vers une résilience professionnelle nécessaire pour ne pas être exclu du marché de l’emploi.

Ce manuel est son support. C’est vous le créateur-rédacteur de votre résilience.

Les salariés qui temoignent ont en commun la même cicatrice à intégrer désormais dans leur CV. Ce sont les similitudes concernant les étapes traversées autour des enjeux de leur identité professionnelle qui ont permis l’élaboration de ce modèle de reconstruction post-burn-out.

 

LE TEMPS DU DÉCROCHAGE
La chute dans le précipice « Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir. » Blaise Pascal

Un chagrin d’honneur…Tabou. Paroles de survivants.

Tenir la distance dans la durée.

-Il ne se passe plus un jour sans que les médias ne parlent d’un cas de suicide.
– Bien que les charges cognitives, mentales et émotionnelles dans certaines fonctions et emplois soient des risques connus et dénoncés depuis plusieurs années, ceux-ci restent sous-évalués et trop souvent encore considérés comme un stigmate ou une faiblesse individuelle plus qu’organisationnelle.

La soufrance au travail.

Alors comment être certain que les salariés se remettent d’un épuisement professionnel ?
Comment faire face à la perte de repères ?
Comment adapter ses ambitions, ses motivations tout en sécurisant sa trajectoire professionnelle ?
Certains s’adaptent comme ils peuvent, parfois au prix d’efforts importants, d’autres craquent,certains voient leurs collègues tomber, parfois se relever, certains partir de leur gré et d’autres malheureusement ne jamais revenir… Ainsi, peut-on s’interroger sur le syndrome du survivant.

Plus que le « pourquoi » on s’épuise au/par le travail, c’est le « comment » on arrive à se reconstruire professionnellement
Certains ont retrouvé le feu sacré après leur burn-out. D’autres pas encore. Ils gardent tous des cicatrices de cet épisode de leur vie.Les épreuves furent longues, décourageantes et la traversée du désert éprouvante. Certains aujourd’hui arborent fièrement le symbole du Phoenix renaissant de ses cendres. Alors, pourquoi pas vous ?

Une petite mise en garde

– Revenir sur les lieux du travail ne sera pas facile.
– Votre engagement et votre motivation vont changer radicalement.
– Il y aura toujours une épée de Damoclès au-dessus de votre tête.
– Les rapports aux collègues, à la hiérarchie, vont être modifiés.
– Votre avenir professionnel va être irrémédiablement revu et corrigé.
– Votre burn-out fait désormais partie de votre CV.
–Votre burn-out va influencer votre trajectoire professionnelle et personnelle.

L’IMPLICITE

Au-delà d’un simple bilan de compétences , comment réenclencher l’intérêt et le sens pour un travail qui vous a détruit à petit feu ?
Bien que la souffrance physique soit reconnue et largement acceptée, il n’en est pas de même de la souffrance morale, mentale ou cognitive qui peut être sous-évaluée car elle est difficilement objectivable.
Le tabou régnant autour de la santé mentale n’incite pas toujours les personnes à en parler.
Néanmoins, d’ici 2020 l’OMS prévoit que les premières causes d’arrêts maladie seront dues à ce genre de maux entraînant une santé mentale défaillante.
Quand les salariés n’ont pas la chance de pouvoir s’exprimer ni dans leur entreprise, ni dans un cabinet avec un spécialiste de la souffrance au travail, ils ressentent un isolement et une souffrance psychique qui ne seront pas visibles au premier coup d’oeil.

VOS RISQUES ET PÉRILS
Écouter les signaux d’alarme
« Notre ombre n’éteint pas le feu. » Paul Éluard

Le déni de la souffrance au travail a un bel avenir car la souffrance fait peur et que la faiblesse paraît à certains contagieuse, mais surtout parce qu’un problème de santé mentale effraie. Ainsi, détourner le regard de la souffrance de l’autre et dénier son malaise protège de ses propres failles quand voir celles des autres met trop en danger son propre équilibre psychique.
Alors pourquoi s’intéresser à la souffrance de l’autre au travail ? Tout simplement, parce que vous faites partie d’un collectif de travail et que celui-ci doit rester sain pour être performant et vous maintenir en bonne santé mentale et physique. Votre employeur est aussi responsable que vous en la matière et il a même une obligation de résultat (article L. 4121 du code du travail).

Au feu !

La métaphore de l’immeuble en flamme illustre bien ce syndrome chez les salariés : «leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte » (Rioux, 1996).

Les trois phases du burn-out

1. L’alarme

La première informe l’individu sur son ressenti,
La deuxième informe l’entreprise et vos collègues que vous n’allez pas bien. Celle-ci est rarement entendue .

L’organisme se prépare au combat ou à la fuite. Dès la confrontation à une situation évaluée comme stressante, des hormones (les catécholamines) sont libérées par l’organisme. Elles ont pour effet d’augmenter la fréquence cardiaque, la tension artérielle, les niveaux de vigilance, la température corporelle… Toutes ces modifications ont pour but d’amener l’oxygène aux muscles et au coeur et ainsi de préparer l’organisme à réagir (s’adapter, se battre, s’enfuir vite…).

–Sentiment d’une ou plusieurs tâches illusoires, épuisantes, voire inaccessibles.
– Perte d’énergie, sensation d’abattement.
– Sentiments difficilement verbalisables (irritation, agacement ou colère).
–Éventuellement sursaut paradoxal (le salarié se sent envahi d’un sentiment de toute-puissance jusqu’à ce que tout s’écroule très rapidement et brutalement).
– Maux physiques chroniques (rhume, maux de dos, migraine…).
– Symptômes anxio-dépressifs, insomnie, mélancolie.
– Sentiment de désorientation et d’inadaptation.

2. La résistance

Si la situation persiste, l’organisme entre en phase de résistance. De nouvelles hormones (les glucocorticoïdes), sont sécrétées : elles augmentent le taux de sucre dans le sang pour apporter l’énergie nécessaire aux muscles, au coeur et au cerveau. L’organisme se prépare aux dépenses énergétiques que nécessitera la réponse au stress. Les glucocorticoïdes ont la particularité de freiner leur propre sécrétion par rétroaction : la quantité d’hormones libérées dans le sang est alors détectée par des récepteurs du système nerveux central qui la régulent.

3. L’épuisement

Si la situation stressante se prolonge encore ou s’intensifie, les capacités de l’organisme peuvent être débordées : c’est l’état de stress chronique. Pour faire face à la situation, l’organisme produit toujours plus d’hormones. Le système de régulation évoqué précédemment devient inefficient. Les récepteurs du système nerveux central deviennent moins sensibles aux glucocorticoïdes, donc leur taux augmente constamment dans le sang. L’organisme, submergé d’hormones, est en permanence activé. Il s’épuise
« Ce n’est pas une faiblesse. C’est l’organisme qui est déréglé. On a découvert, récemment, que lorsque les hormones du stress remontent au cerveau, elles modifient la manière dont on détecte la prochaine situation. Les hormones modifient donc la façon de voir les choses. Plus on est stressé, plus on génère de réponses de stress. Le verre devient plus qu’à moitié vide. On tombe alors dans un cercle vicieux qui peut mener à l’épuisement professionnel par une façon déformée de percevoir la situation et les ressources pour s’en sortir. »

Clinique:

burn-out: toujours stress chronique, production insuffisante de cortisol, sentiment de colère , désorientation, perte de concentration, sensation d’etre separé de son environnement., se demande ce qu il fait là, envie d’etre ailleurs.
depression: 1 fois sur 2 en cas de dépression d’origine non professionnelle, surproduction de cortisol, toutes les spheres de sa vie sont touchées, sentiment de culpabilité.

Tableau clinique en 2 temps:

-phase d’alerte

signes cliniques mineurs: le salarié ne s’exprime pas, il tient. anxiété, troubles du sommeil, désengagement social , ennui, addiction, augmentation de prise de médicaments, fatigue banalisée .

-phase de decompensation:

la situation continue,aucune aide autour du salarié
apparition des signes cliniques pouvant aller jusqu’au tableau de névrose traumatique qui s’apparente au syndrome de stress post-traumatique (DSM IV)
•angoisse
•retour en boucle des scènes traumatisantes (cogitations) ;
•angoisses surgissant spontanément, déclenchées par une perception analogique de la scène traumatique : bruit, couleur d’un mur, mimique d’une personne présente, odeur particulière, etc. ;
•cauchemars intrusifs, entraînant le réveil immédiat ;
•insomnie réactionnelle bloquant la survenue des cauchemars intrusifs ;
•fatigue, repli social, affectif et sexuel majeur avec altération progressive de l’état général, sur tous ses versants : somatique, cognitif, psychique ;
•perte de mémoire et/ou troubles de la concentration, de la logique ;
•atteintes psychiques entraînant perte de l’estime de soi, sentiment de dévalorisation, sentiment de perte de compétences, sentiment de culpabilité, position défensive de justification, effondrement anxio-dépressif pouvant mener à un état d’angoisse paroxystique à évolution suicidaire (raptus suicidaire) ;
•atteintes somatiques signes de l’atteinte des défenses immunitaires après l’effondrement des défenses psychiques. Elles sont de gravité croissante suivant la durée de la situation (perte ou prise de poids importante, dysfonctionnements digestifs, cardiaques ou gynécologiques) ;
•désarroi identitaire suite aux situations professionnelles contradictoires, difficultés sur le terrain (altération des repères moraux).

La deuxième phase de décompensation( rare)

Elle correspond à une décompensation de la structure de la personnalité qui a lieu immédiatement ou à distance de l’événement.
•bouffée délirante aiguë,
•désorganisation psychosomatique,
•paranoïa,
 •dépression grave.

Trois catégories de symptômes de stress

–Symptômes physiques :

douleurs (maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, etc.),
troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion…

–Symptômes émotionnels :

sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être…

–Symptômes intellectuels

perturbations de la concentration (erreurs, oublis), difficultés à penser logiquement à prendre des initiatives, des décisions…

Les trois principales pratiques organisationnelles pathogènes qui sortent du cadre légal

1. Un lien de subordination basé sur des pratiques relationnelles de pouvoir, d’intimidation ou des pratiques d’isolement entraînant la séparation du sujet de son collectif de travail.
2. Des règles disciplinaires basées sur une surveillance disproportionnée mettant le salarié en situation de justification constante.
3. Un pouvoir de direction et d’organisation basé sur des injonctions paradoxales. ☞
La « double contrainte » exprime simultanément deux contraintes qui s’opposent, par exemple : NE LISEZ PAS CE MESSAGE
Dans le monde de l’entreprise, une double contrainte peut prendre la forme suivante :
–Message explicite : « mon manager veut que je fasse preuve de créativité »
–Message implicite : « … et en même temps je dois respecter des procédures, des normes, des processus, des contrôles. »

3 LA CHUTE DANS LE VIDE
Envers et contre tout « L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. » Camus, Le Mythe de Sisyphe

MALGRÉ LES ALARMES, certains poursuivront leurs activités professionnelles avec acharnement,n’accepteront pas la fatigue comme phénomène naturel et réactionnel et ils seront mêmes vexés qu’on puisse penser qu’ils sont épuisés. Sursaut d’énergie et de volonté de maîtrise sur fond d’irritation ou de cynisme qui peut être inquiétant car il annonce souvent la chute.

Quand les heros sont fatigués.

Tous les témoignages se recoupent sur ce sujet. Tous racontent les efforts, la ténacité, l’endurance, la lutte, le combat pour la vérité ou un idéal de qualité de travail inatteignable, compte tenu du contexte et des moyens alloués. D’ailleurs, les témoignages commencent souvent par relater un combat.

Après la perte d’un combat, l’arrêt s’impose comme une évidente suite logique ; comme un arrêt de « je » dans le travail. Tout s’arrête. Le rideau tombe. Plusieurs cas de figures sont alors possibles, mais tous amènent au même résultat : l’arrêt forcé et soudain.
Le corps demande pitié au cerveau du professionnel. Il réclame son dû. Le corps vous submerge car vous lui imposez ce qu’il ne supporte plus. Vous y êtes. Il y a une limite à tout. Vous avez consumé votre capital stress. Vous allez devoir accepter l’arrêt maladie . Vous allez devoir sortir de scène et aller en coulisse.

Un travail commence pour toutes les victimes : dormir et récupérer. Pour l’instant, vous êtes interdit de scène pendant quelques semaines, voire quelques mois (1 mois, 2 mois, 5 mois…) pendant que la vie continue pour d’autres.

Les valeurs mythiques d’Icare

Pourquoi Franck a-t-il tenu si longtemps ?
Tel Icare encouragé par son père, Franck a été encouragé par ses pairs. une interdiction implicite de décevoir ou de chuter pour préserver l’honneur de tous. Tel Icare, Franck s’est retrouvé face à face avec sa condition de simple être humain, ce qu’il réclamait au plus profond de lui depuis des mois sans être entendu. Se retrouver, se re-connaître (naître une deuxième fois) était à ce prix pour lui.

Les valeurs mythiques de Sisyphe :

pourquoi Pascal a-t-il tenu si longtemps ? Pascal nous explique qu’il y a cru tout simplement. Fournir des efforts était chose honorable de par son éducation et son tempérament : « on n’obtient rien sans effort » lui a-t-on appris. . En totale autonomie, il ne voulait rien devoir à personne. Il savait qu’il allait devoir gravir les échelons un par un et qu’il allait devoir travailler beaucoup pour y arriver : c’était normal pour lui et le sommet n’était jamais bien loin… mais toujours inaccessible.

L’attente et l’espoir de Pénélope

La goutte d’eau qui fait déborder le vase .Parfois, il n’y a pas de déclencheur, rien de spécial, mais la coupe est pleine. Il y a surplus, débordement imprévisible, naturellement dû à une accumulation mécanique, doucement, mais inévitablement. Rien d’impressionnant, mais des conséquences fâcheuses et un questionnement : pourquoi maintenant ? Réponse : parce que c’est le moment où la goutte d’eau fait déborder le verre. C’est simple et inéluctable.
Parfois, c’est le principe des vases communicants qui remplissent aussitôt le verre du collègue. C’est ce qui est arrivé à Michel. Il s’est senti lui-même débordé par ce qui est arrivé à un de ses collègues parce que cela provoque des ondes de chocs inconscientes qu’il ne peut pas encore verbaliser.

L’effet de surprise du burn-out

IL réside dans sa fulgurance (« Non, ce n’est pas possible, pas moi ! »), et son déni quasi automatique par effet de contagion (« Lui ? Impossible, c’est un as ! Il semblait si bien gérer ! »).
C’est un moment de rupture fort dans la vie de la personne.
Elle n’y est en général pas préparée et ne comprend pas ce qui lui arrive même si elle connaît le burn-out et qu’elle en a déjà entendu parler. Elle ne se sent pas concernée.
Ce-n’est-pas-possible ! Et pourtant… si.
Ce qu’il faut alors accepter sans y être préparé:
– L’irrationnel (ce qu’on ne comprend pas encore).
– L’imprévu (ce qu’on ne maîtrise pas encore).
– La soudaineté (ce qu’on n’avait pas prévu).

l’entourage s’interroge car (comme la victime) il n’arrive pas à comprendre. Il cherche à tout prix à reprendre un peu la maîtrise des événements et y rattacher un facteur déclencheur rationnel. La fameuse « cause », source du problème. Alors que c’est plutôt le « comment » qui renferme la raison du problème. Comment a-t-il fait pour en arriver là ?
La victime du burn-out ne comprend pas ce qu’elle est en train de vivre, car elle n’est pas en mesure de verbaliser ce qui se passe au niveau émotionnel et physiologique.

Le burn-out est un trouble de l’adaptation

La soudaineté avec laquelle les arrêts arrivent empêche l’intégration de l’événement par le salarié lui-même et son absence entraîne le silence et le tabou sur sa situation. Cette temporalité de l’arrêt décontenance, surprend, crée un sentiment de malaise, car elle survient de manière brutale et imprévue dans les emplois du temps de tous et va désorganiser le travail de chacun en culpabilisant la victime un peu plus.
Donner du sens, quel qu’il soit, s’avère une option incontournable pour toutes les personnes de l’entourage proche, quitte à le créer.

 

 

Si nécessaire, pour rationaliser le subjectif, canaliser la peur de l’inconnu ou la projeter sur autrui (rumeur de fragilité) et surtout pour se donner l’impression de l’avoir dépassé et se déculpabiliser. Mais qui s’occupe réellement des victimes dans l’histoire ? Qui devance leurs questions ? Qui contient leurs doutes ? Qui gère cette situation à leurs côtés ?

CAPITULER ET ADMETTRE

Après avoir utilisé toute l’énergie disponible que requiert ce combat, les victimes épuisées disent vivre hors du temps. Ce temps suspendu est celui de la désillusion, du désenchantement. Tout semble partir en fumée.Cette fumée leur indique souvent qu’il y a bien eu un feu en elles, mais c’est bien après coup qu’elles en prennent conscience, tant leur croyance, leur foi en leurs valeurs et leur adrénaline les protégeaient de la douleur.
La suite ne leur appartient plus tout à fait et elles vont se rendre compte douloureusement que tout ne dépend pas que d’elles et que le monde continue à tourner… sans elles pour le moment.
Leur honneur est atteint, alors le sentiment d’inutilité et de solitude les envahit. Elles vivent leur premier chagrin d’honneur. Elles ne l’oublieront jamais.

LA TECHNIQUE RAD/RADD

Pour survivre à ce chagrin d’honneur, la victime doit agir vite et ne pas laisser place à ce sentiment de déshonneur, d’inutilité, de solitude ou de dépréciation l’envahir.
Si cela vous arrive, dites-vous que vos compétences ne sont pas remises en question, mais que vos capacités d’interactions sont sur la réserve. Ce sont bien vos aptitudes à exercer vos compétences qui sont en berne, pas vos compétences, ni votre expertise. Elles sont cependant en danger si vous ne réagissez pas.

Les étapes de la technique RAD/RADD

-Étape 1 :
Réaliser votre état au niveau fatigue.
-Étape 2 : Accepter de recevoir un conseil extérieur.
-Étape 3 : Dire OK ! Redécouvrir le bon sens.
-Étape 4 : Décider ou co-décider avec quelqu’un.
Cependant, prendre conscience et traverser ces étapes n’est pas évident. Le déni est courant dans ces cas d’épuisement car l’inconscient cherche à protéger de l’inacceptable (échouer, laisser tomber, renoncer, ne font pas partie de valeurs de nos héros).
En outre, paradoxalement, les actions pour rompre le cercle vicieux sont douloureuses car elles entraînent une prise de conscience encore plus douloureuse (atteinte de l’honneur, de l’image de soi, crainte pour sa légitimité ou réputation professionnelle).
Renoncer est impensable pour une Pénélope : renoncer serait trahir la fidélité qui la fait tenir. Laisser tomber est désastreux pour Sisyphe : cela le condamnerait. S’arrêter de progresser est inimaginable pour Icare, il tomberait et perdrait son pouvoir de voler… Les professionnels vous aideront à traverser ces étapes en vous

1. Réaliser

Réaliser prend du temps. Les professionnels vous le confirmeront, le lâcher-prise ne peut pas se faire immédiatement. Il y a des étapes intermédiaires. Le chemin se trace à travers la jungle du déni. C’est l’action passive inconsciente.

2. Accepter

l’épuisé du travail qui n’a d’autre choix que d’écouter et de prendre acte de ce que dit ce professionnel de la santé qui prescrit un arrêt non négociable. Cette prescription fait partie du socle de départ de la reconstruction car elle reconnait l’événement comme une étape et la rend légitime. Elle inscrit un avant et un après dans le rapport de la personne à son travail.

3. Dire Ok !

et rappeler le bon sens à la rescousse Le professionnel de santé ou des RH va s’attacher à vous aider à identifier la valeur qui ne peut pas vous laisser tomber. Dégagez-la précieusement, car c’est elle qui va vous redonner de l’énergie par la suite. Mais pour le moment, elle n’est plus adaptée à la situation parce qu’elle s’est emballée dans le mauvais sens. Retrouver le bon sens, c’est préserver le noyau de vos valeurs.

LE PORTRAIT ROBOT DE LA VICTIME

Faire un portrait-robot de la victime probable n’est pas chose aisée, car le burn-out peut arriver à tout le monde à un moment de sa vie professionnelle. Cependant, certaines personnes ne le connaîtront jamais, d’autres en feront malheureusement plusieurs dans leur vie.
Il/elle investit 100 % de son temps dans son travail.
– Son travail : c’est lui tout entier !
– Son travail : c’est sa vie !
– Son travail est vécu comme une vocation. Le travail fait entièrement partie de sa vie et participe à son équilibre. –S’il/elle a des enfants, il cherche à investir autant son rôle parental que son rôle professionnel.
–Il/elle enchaîne les tâches professionnelles et les tâches ménagères sans relâche.
–Il/elle calibre tout : mesure, compte, surveille, contrôle le temps pour faire les choses.
–Il/elle est souvent perçu(e) comme un(e) hyperactif/ve pour l’entourage qui ne le/la voit jamais s’arrêter, ni faire de pause.
Il/elle ne tient pas en place.
Il/elle est multitâche.

L’espace de travail est vécu comme :
– un lieu de construction,
– un univers à conquérir,
– un édifice personnel,
– un investissement à fructifier.
Pas de frontière entre personnel/professionnel
–Souvent dans les transports ou en déplacements qu’il/elle cherche à optimiser en travaillant (trains, bus, avions..).
– Pas de rupture, ni de séparation nette entre les sphères perso/pro.
–L’espace intime /familial est souvent investi par le travail

Trajectoire professionnelle : ascendante
–Professionnel reconnu, apprécié, audacieux, méritant, sérieux, fiable, exigeant.
–Pratiques opérationnelles, fines, logiques, pragmatiques, efficaces et de qualité.
– Apprécié pour son expertise (le fond), plus que dans sa représentation (la forme).
– Prend plaisir au travail, impliqué, fiable.
– Sollicité sur plusieurs projets (multi-projets, multi-tâches).
–Dynamisme intellectuel fort indispensable à sa vie et à son équilibre psychique.
– Vit très mal d’être à l’écart du travail.
– Dépendance au travail .
– Ne se voit pas arrêter de travailler un jour.
– Tendance à se sentir indispensable.
– Esprit entrepreunarial.
– Conscience qu’il risque l’épuisement.
– Culpabilité et honte devant l’arrêt maladie.

Exigeant envers la compétence des autres (compétence = légitimité)
–Sérieux, rigoureux, fiable, reconnu comme excellent professionnel par sa hiérarchie.
– Rapide, vif, dynamique, pertinent.
– Devoirs et obligations toujours assumés.
– Impose le travail à la famille et en vacances.
– Tendance à culpabiliser s’il se repose.
–Apprécié pour sa façon efficace ou originale de traiter ou résoudre les problèmes.
– Logique de l’honneur et du devoir.
– Admiré et admirable.
–Tendance à rechercher la reconnaissance de sa compétence et de son éthique.
– Fortes notions de service client.
– Personne sur qui on peut compter.
– Inspire confiance et fiabilité.
–Se sait professionnel et tire son estime de lui à travers les compétences qu’on lui reconnait.
– Besoin de se sentir utile, efficace.

Partie II LE TEMPS DE LA RECONSTRUCTION
S’arrêter pour retrouver ses forces… La traversée du désert
« La difficulté, c’est ce qui peut être fait tout de suite ; l’impossible, ce qui prend un peu plus de temps. » Georges Santayana

LA FÊLURE, LA CICATRICE Un coup de canif au contrat

L’annonce du burn-out: vous y êtes.

QUAND VOUS ÊTES AU VOLANT de votre voiture et que vous constatez que le capot dégage de la fumée, vous arrêtez en général immédiatement votre véhicule. Mais dans une situation analogue, quand votre propre moteur professionnel fume, vous ne réagissez pas de la même manière.

« ça » ne va pas. Reconnaître que cela ne va pas est déjà un pas important. . Il est urgent d’orienter la personne vers un relais médical ou psychologique. Choisir les bons mots pour accueillir ses maux est un exercice difficile qui nécessite rapidité, tact et pertinence. Vous n’avez pas le droit à l’erreur et vous devez agir rapidement : prendre en charge et passer le relais vers les spécialistes de santé tout en laissant la personne digne de sa décision. Et si elle souhaite retourner au travail, c’est son choix. C’est qu’elle s’en sent encore capable, mais à quel prix ?
Pourquoi est-ce si dur de s’arrêter ? Paradoxalement à ce stade, la souffrance précédant le burn-out n’est pas encore à son apogée. La décision la plus difficile est celle de dire STOP. Cette décision est irrévocable et sans retour : le salarié le vit comme tel. Une sorte de chagrin d’honneur de ne pas avoir réussi, de ne pas avoir espéré suffisamment longtemps .Pour les Pénélope, de ne pas avoir fait assez d’efforts, pour les Sisyphe, de ne pas avoir tout prévu, pour les Icare si près du but. Cet arrêt est vécu douloureusement, car imposé par une situation que le salarié n’a bien sûr pas voulue, et bien souvent à laquelle il n’était pas préparé. C’est cette violence et cette soudaineté qui déstabilisent encore une fois et créent des ondes de choc pour l’entourage de proximité aussi. La décision d’arrêter est complexe à vivre car incontournable, non désirée, parfois imposée et de fait non acceptée. La personne le vit comme un arrêt de jeu déshonorant. Au-delà du corps, c’est l’ego qui souffre, l’image de soi et la culpabilité liée aux doutes sur ses compétences et ses aptitudes

Comment vivre l’arrêt ?

En plus de souffrir dans son « être » physique, il vous faut supporter de souffrir dans votre « être social » (le paraître) et apprendre à faire face aux représentations du malaise que votre entourage projettera très maladroitement sur vous : « mais que t’est-il arrivé ? Tu « nous » fais une dépression, c’est ça ? ». Que répondre à cela autrement que par un repli plus profond ou une colère d’incompréhension. Ces moments-là vont être difficiles à supporter et à vivre.
Ainsi votre souffrance dans l’action pourrait vous sembler moins douloureuse que la souffrance dans l’inactivité que vous allez connaître
Cette souffrance dans l’inactivité s’exprime aussi par la mise à l’écart du monde social et des repères sociaux. C’est une perte de règle et de repère pour celui qui la vit.

QUE SE PASSERA-T-IL PENDANT L’ARRÊT ?

Pendant votre arrêt vous allez faire la connaissance des professionnels de la santé qui se répartissent en deux catégories :
•les experts de la santé au travail dans l’entreprise ;
•les experts de la santé au travail en dehors de l’entreprise.
Le centre de gravité : c’est vous !
Passé le seuil de l’entreprise, les représentations et les rumeurs vont aller bon train avec une fâcheuse tendance à distordre la réalité en cherchant à la justifier. Les causes du problème sont prioritairement et sournoisement recherchées dans votre sphère privée : « il » avait des problèmes dans sa vie privée, ça plus le boulot, ça faisait beaucoup » a-t-on pu entendre de la part de nombreux interlocuteurs RH qui admettent qu’ils ne savent pas par quel bout prendre le sujet. On a vu précédemment que le déni était un mécanisme de défense et de protection. Vous risquez d’en avoir la preuve concrète. Quelques entreprises se remettent en cause ou s’interrogent sur leur part de responsabilité dans vos conditions de travail, mais elles sont peu nombreuses à ce jour, préférant se cacher dernière la stigmatisation individuelle.

Le temps de la prise en charge

La résilience professionnelle et la reconstruction qui s’effectue en parallèle sont rarement verbalisées en tant que telles, néanmoins, les professionnels qui sont à votre disposition vont jouer leur rôle de soutien dans votre cheminement.
Le temps est un élément indépendant de leur thérapeutique, mais aussi de votre reconstruction. C’est le seul élément essentiel que ni vous, ni eux ne maîtriserez. Ils vont devoir faire avec et vous aussi. Ainsi la reconstruction pourra prendre quelques semaines, comme elle pourra durer quelques mois, voire quelques petites années.
En parallèle, il y a aussi un travail de co-construction à faire avec la famille (le conjoint, les enfants…). En effet, ces derniers ont parfois été les témoins indirects de ce qui vous est arrivé et peuvent ne pas comprendre pourquoi votre investissement à leur égard a changé depuis quelque temps et… vous le faire « payer » d’une façon ou d’une autre C’est de bonne guerre, mais justement la guerre, vous, vous n’en pouvez plus ! Alors, il va là aussi falloir leur expliquer.
Si la question qui fâche les DRH et les syndicats est de savoir si le burn-out est vraiment dû au travail seul ou à un savant mélange explosif de professionnel et de personnel, la reconstruction professionnelle l’est d’autant plus, mais on n’en parle pas encore !

TIRER LES LEÇONS DE CETTE EXPÉRIENCE

Permettre la reconstruction, présuppose d’admettre qu’il y a eu destruction. Mais de quoi ? De qui ? La question est complexe et  les spécialistes des risques psychosociaux travaillent d’arrache- pied

L’espace dévolu à la reconstruction peut se situer sur trois plans :
1. le plan médico-psychologique avec prise ou non de médicament et thérapie complémentaire ;
2. le plan familial et l’espace d’activités sociales en dehors du travail qui sont sources d’équilibre et de construction sociale ;
3. le plan du travail avec analyse des conditions de travail pour adapter celui-ci à l’homme (principe de base en ergonomie).
… pour se retrouver et affirmer son/ses identités
Le temps de la prise en charge par l’accompagnement et le soutien de professionnels et de proches, d’amis dans l’espace de reconstruction hors travail, permet à l’individu de s’interroger sur lui, sur ce qui lui arrive. Cette introspection doit lui permettre de retrouver qui il est, ce qui est important pour lui dans sa vie, et de réfléchir à la manière dont il a besoin de vivre pour respecter son unité fondamentale d’être humain.
Tout individu est, par définition, un être biopsychosocial et cette triple appartenance, biologique, psychologique et sociale, lui confère une complexité singulière à l’échelle du vivant. L’individu est sujet et acteur de sa propre histoire : le « je » est indissociable de son histoire, de son expérience et de ses pratiques. Il se construit et se reconstruit à travers l’expérience de son environnement social.

 

si vous vous reconnaissez dans cette première partie, n’hésitez pas à commenter et à partager vos expériences. Bientôt la seconde partie: la reconstruction!

 

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