Tous addicts, et après?

Ce livre , je l’attendais sans le savoir.
Quand les Dr William Lowenstein et Laurent Karila s’associent pour écrire un livre sur les addictions, et surtout pour aider les addicts et leur famille, ça donne ce recueil passionnant.

A chaque chapitre, vous trouverez l’histoire et la géopolitique du produit, , sa présentation , sa composition, son usage, ses effets, le manque, l’overdose, les témoignages d’usagers, des chiffres de santé publique, des lois et réactions politiques, la clinique de la dépendance, des test pour voir où vous en êtes, le sevrage, les traitements, les conduites à tenir pour les proches en cas de bad trip ou coma.Bref , tout y est. Toutes vos questions trouveront ici une réponse. Une réelle réponse aux addictions. MERCI

4e de couverture :

Les addictions flambent, elles gagnent du terrain, sous des formes déjà bien connues – l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, les jeux de hasard et d’argent… – mais aussi renouvelées, comme le binge drinking, les nouvelles drogues de synthèse vendues sur Internet, les activités sexuelles en ligne, l’hyperusage des écrans – jeux vidéo, réseaux sociaux… Deux spécialistes reconnus dénoncent les conséquences d’une véritable maladie, et ces dizaines de milliers de morts évitables chaque année en France. Nous ne sommes pas à la hauteur de l’enjeu. C’est bien sûr une question de choix politique ; mais c’est d’abord et avant tout une question
de regard ! L’addict est un citoyen comme les autres, et non un délinquant ou un looser. Souvent, son hyperactivité et ses qualités propres font sa vulnérabilité. Alors qu’il y a eu ces dernières années de vrais progrès dans la connaissance des processus addictifs, les traitements, la réduction des risques et des dommages, la société, dans son entier, est restée figée dans le jugement, enfermant les malades dans leur culpabilité et leur isolement. Tous addicts, et après ? s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre et agir – addicts, parents, grands-parents, accompagnants, patients-experts, soignants. Il explique les mécanismes des addictions, fait le point sur les nouveaux comportements addictifs, les approches actuelles des traitements, mais aussi sur les potentiels encore insuffisamment exploités de la prévention et de la réduction des risques. Les solutions existent. Pensons, agissons autrement ! William Lowenstein est médecin interniste spécialisé en addictologie, fondateur et président de SOS Addictions et auteur de Ces dépendances qui nous gouvernent (Calmann-Lévy, 2007). Laurent Karila est psychiatre spécialisé en addictologie, enseignant à l’université Paris-Sud et auteur de Accro ! et de Votre plaisir vous appartient (Flammarion,

Avertissement au lecteur

L’OMS prédit pour notre XXI siecle 1 milliard de mort prématurées due a la consommation du tabac
L’alcool a tué depuis l’an 2000 plus de 800000 personnes en France, l’équivalent de 2 siècle d’accident de la circulation.
Le cannabis: en usage précoce, régulier et intensif, change la structure du cerveau et handicap l’avenir d’un jeune français sur 10. Et les nouvelles drogues de synthèses en vente libre sur internet? Les derniers médicaments anti douleurs prescrits à la va-vite aux Etats Unis ( 33000 morts). Ces antalgiques si cher au Dr House ont déjà plus tués que les overdoses à l’héroïne.
Et les addictions comportementales, à la nourriture, aux jeux, aux écrans, au sexe, et au travail?

Tous addicts et après?

Que dire et surtout que faire?
En parler autrement agir autrement!

Son objectif:

Mobiliser chacun, mobiliser l’opinion publique, mobiliser les décideurs politiques, sociaux médiatiques, associatifs, entrepreneuriaux.
Mobiliser pour enrayer la mécanique d’une catastrophe sanitaire déjà en marche.
Considérer toute personne addict comme un citoyen à part entièreet non plus comme un délinquant ou un looser
Développer une nouvelle politique de prévention : mobiliser les systèmes financiers pour la prévention et non pour la reprétion.
Intégrer le concept d’addiction dans le code de santé publique.
Définir les objectifs de la prévention en se fondant sur les différents modes d’usage (occasionnel, régulier, à risque, nocif)
Développer des actions de prévention dans tous les milieux (urbains et ruraux) et pour tous les publics
Développer l’accès aux soins.

Puisse ce livre vous éclairer, un peu, et vous donner envie de bouger, beaucoup. Chacun d’entre nous doit changer de regard pour que change notre monde des addictions. Pour être des parents ou des grands-parents
responsables et éclairés, des adolescents qui mettent de l’intelligence dans leurs consommations.

L’efficacité et la dignité avec lesquelles nous traitons et prévenons nos addictions parlent de notre évolution, de notre construction humaine.
Une société sans drogue n’existe pas, ne peut exister : le principal producteur de drogues au monde est et restera le cerveau humain !
Parler autrement de nos addictions, agir autrement : notre livre est nourri de cet espoir, et écrit dans le but de vous aider à mieux comprendre comment « brûle notre maison », pour reprendre la maîtrise de ce feu addictif et enfin basculer du côté de la vie.

Généralités

Le feuilleton des addictions comporte trois épisodes aux frontières fragiles :
l’usage, l’abus et enfin la dépendance.

Avant de devenir un problème, l’addiction a été une solution, une amélioration du quotidien.

Elle a permis d’éviter l’ennui, la lourdeur, les moments pénibles. L’usage de telles substances fait découvrir à notre cerveau un effet dynamisant : il entraîne un changement d’humeur euphorisant, une relation à l’autre désinhibée, une insertion aisée à un groupe social, une pensée plus forte et apaisée. Bien souvent, il facilite l’endormissement et améliore la sexualité. Quelle aubaine pour notre cerveau de mammifère métaphysique et surtout hédoniste ! Nous recommençons l’expérience, même si nous en devinons les effets pervers. Ils semblent si loin… Quelles que soient les incroyables évolutions du cerveau humain, la sagesse n’est pas son fort : il privilégiera toujours un petit bénéfice ou un soulagement immédiat à la prise en compte d’un grand risque futur !

L’abus:

Au fil de ces répétitions, de cet abus d’un plaisir éphémère, nos équilibres cellulaires se déstabilisent et aliènent notre bien-être. Nous perdons le contrôle. Vouloir n’est plus pouvoir ! Il n’existe plus qu’une seule nécessité : la poursuite impérieuse de la consommation ou du comportement.

La dépendance:

Nous en arrivons à un état psychologique et neurobiologique de dépendance. Vouloir changer sa consommation est un échec récurrent. Connaître les risques, les dangers pour notre santé, notre vie sociale, amoureuse et professionnelle, ne nous aide pas à modifier notre comportement. On voudrait tant, mais il est trop tard. Le trop tard arrive trop vite ! Une région de notre cerveau s’est modifiée, laquelle n’écoute ni notre volonté, ni notre peur du lendemain. Notre petit cerveau « reptilien » ne se laisse pas faire. Il rétorque que l’on va perdre tout ce qui nous avait semblé si facile et merveilleux ! Les bénéfices initiaux que nous avions adorés lors de nos premières consommations vont s’évanouir. Un profond mal-être va s’installer, si facilement et immédiatement comblé par la reprise de la consommation… : c’est ici qu’apparaît l’état de dépendance. Comme si cette douloureuse ambivalence induite ne suffisait pas, s’ajoute – aux yeux des autres et aux nôtres – un sentiment de culpabilité, d’une faute commise, d’une impardonnable faiblesse que nous ne saurions corriger. La personne dépendante n’en est que plus affaiblie. La société la condamne, méprise la dépendance, accable l’addict.
La complexité des effets des substances et des addictions transforme la pensée, l’humeur, mais aussi la relation aux autres, la perception du temps qui passe, le sommeil, l’appétit et la sexualité. L’addiction est souvent vécue par la personne elle-même comme un phénomène d’aliénation au sens à la fois étymologique – je est un autre – et au sens plus commun de dépendance. Être aliéné, c’est être prisonnier. Nos patients évoquent ces fameux « démons ».
La plupart des patients connaissent bien leur substance, moins ses effets. La transformation physique va leur paraître aussi horrible que logique (visage creusé, couperose, ventre gonflé). Mais ils ont un mal fou à comprendre que leur humeur a changé, leur relation aux autres est affectée, leurs rêves ont disparu, leur libido n’est plus la même.
Depuis peu, la médecine des addictions se libère de toute morale quasi religieuse et d’un idéal hygiéniste : désormais, il n’existe pas plus de patient idéal que de médecin parfait. On commence à comprendre que vouloir n’est pas pouvoir. Il était temps ! La dépendance n’est pas une faiblesse mais bien une maladie.
Maladie fonctionnelle – du cerveau, des émotions et de l’environnement – qui peut être réversible.
Si le « cerveau reptilien » est si puissant, c’est parce que l’on y trouve la plupart des neurones à dopamine. La dopamine est une molécule aux multiples fonctions, qui régule l’ensemble des états émotionnels. Un vrai feu d’artifice cérébral ! Elle favorise l’excitation, la confiance en soi.

Encore et toujours, le drame de la dopamine

Tous les comportements susceptibles de déclencher une dépendance chez l’homme ont en commun une propriété : ils augmentent la quantité de dopamine dans le « cerveau reptilien ». Prenons un exemple simple : un homme veut séduire une femme. Il ne pense qu’à cela. Plus rien n’a d’importance. Il s’est fixé un but, il n’en démordra pas. Il est à l’affût de toutes les occasions et prendra tous les risques. Il se mettra en danger, recherchera la femme partout. Il la poursuivra, la traitera comme une princesse. Il déposera le monde à ses pieds. Peu importe ce qu’elle pense, ce qu’elle souhaite, l’homme n’en a cure. Son unique but ancestral est l’acte sexuel. Quand il y parvient enfin, il a fait ses preuves, il est le meilleur ! Sa compagne satisfaite – du moins l’espérons-nous –, lui-même apaisé, il ne pensera… qu’à dormir ! La femme n’existera plus. Il lui tournera le dos, puis l’oubliera. Des heures, des jours, des semaines d’une tension extrême pour arriver à ce résultat. L’homme a atteint le summum de la sérénité, les molécules de béatitude (endorphines) ont été sécrétées. Il n’a plus besoin de personne, il ne fait plus preuve de civilité, le monde peut s’écrouler autour de lui, l’homme s’en fiche bien, le « petit cerveau » a pris le pas sur le « grand ». Et le bien-être, enfin obtenu, balaie tous les rêves initiaux de séduction.
Les drogues, comme les comportements, agissent directement sur notre cerveau. Nous sommes cet amoureux excité et transi qui se retourne sans cesse… pour mieux ronfler.
Comprendre et ne pas dépendre. User sans en abuser. Apprendre à vivre avec. Une vie d’homme, c’est une vie de dépendances incontournables ! Admettons-le sans honte, nous sommes tous addicts, et après ?

Extraits

Addictions aux substances licites

L’alcool

Retarder l’âge du premier usage ou du premier abus est une des clés de prévention en addictologie
Comment évaluer si on est dépendant?
La maladie alcoolique c’est le glissement progressif du plaisir vers l’aliénation.
L’alcool, c’est de l’excitation et de l’abrutissement auto administré.
L’alcool est toxique pour toutes les parois cellulaires.
Jamais personne n’a souhaité en arriver au stade de la dépendance. Et surtout pas ces chers parents qui offrent « une gorgée de champagne » à leurs enfants pour les faire participer à la fête ou entamer une éducation œnologique. Après le plaisir du goût vient la découverte des effets psychoactifs de l’alcool, dont la fameuse désinhibition. La France se caractérise par une certaine tolérance de la consommation quotidienne et des abus de la troisième mi-temps. L’alcool participe de l’intégration sociale. Le vin est sur la table et les invités du week-end apportent les bouteilles ; quelle belle marque de convivialité !
Les couches cellulaires du cerveau et du cervelet fondent comme neige au soleil, à tel point que les radiologues peuvent inscrire sur leur compte rendu de scanner ou d’IRM : « atrophie cortico sous-corticale », ce qui signifie que l’alcool a ramené le patient à un stade de développement cérébral antérieur à celui de l’homme de Neandertal !

Le coma éthylique est une urgence médicale qui engage le pronostic vital.

Que faire en attendant les secours ?
– coucher la personne ivre sur le côté, en position latérale de sécurité et s’assurer qu’elle respire correctement dans cette position ;
– mettre quelque chose derrière son dos pour éviter qu’elle ne se retourne sur le dos ou sur le ventre, vomir dans ces deux positions pouvant l’amener à s’étouffer. C’est arrivé à John Bonham de Led Zeppelin, Bon Scott de AC/ DC et, hélas, beaucoup d’autres ;
– couvrir la personne afin d’éviter que sa température ne chute ;
– rester près d’elle en attendant les secours et ne jamais la laisser seule ;

Le sevrage, la rechute,La révolution baclofene

Le tabac

Questionnaire de fagerström : évaluation de la dépendance chimique à la nicotine

Combien de temps après votre réveil fumez-vous votre première cigarette ?
• Dans les 5 premières minutes (3 points)
• Entre 6 et 30 minutes (2 points)
• Entre 31 et 60 minutes (1 point)
• Après 60 minutes (0 point)
Trouvez-vous difficile de vous abstenir de fumer dans les endroits
où c’est interdit ?  • Oui (1 point)  • Non (0 point)
À quelle cigarette de la journée renonceriez-vous le plus difficilement ?
• La première du matin (1 point)
• N’importe quelle autre (0 point)
Combien de cigarettes fumez-vous par jour en moyenne ?
• 10 ou moins (0 point)
• 11 à 20 (1 point)
• 21 à 30 (2 points)
• Plus de 31 (3 points) Fumez-vous à un rythme plus soutenu le matin que l’après-midi ?
• Oui (1 point)  • Non (0 point)
Fumez-vous lorsque vous êtes malade au point de devoir rester au lit presque toute la journée ?
• Oui (1 point)  • Non (0 point)
0-2 points : dépendance faible
3-5 points : dépendance moyenne
6-7 points : dépendance forte
8-10 points : dépendance très forte

Enfin un changement des comportements

La prise de conscience sur les dangers du tabac a eu lieu, elle a marqué un changement de nos comportements historiques. Qui aujourd’hui souhaiterait voir fumer dans un avion ? Qui accepterait que des parents grillent cigarette sur cigarette dans une voiture aux vitres fermées avec des enfants à l’arrière ? Qui fume encore dans sa chambre ? Réduire l’acceptation sociale du tueur en série qu’est le tabac est possible. Il ne s’agit pas de stigmatiser les fumeurs, mais de leur montrer que fumer tout le temps et partout n’est pas une obligation. Un fumeur incapable de résister à une cigarette toutes les demi-heures est toujours étonné de constater qu’il n’a aucun souci à refréner ses envies durant un vol long-courrier de plus de douze heures.
Il est possible de protéger le fumeur malgré lui et de le pousser à avoir un comportement responsable, à condition de lui fournir des possibilités d’arrêt et de substitution.

Médicaments, Quand les pilules pullulent

Des pilules bleues, rouges, vertes ou jaunes. Des pilules pour s’évader, dormir, maigrir, travailler, booster la mémoire ou rester jeune. De l’alcool pour les avaler. Du sexe pour les oublier. De la drogue si ce n’est pas assez. Et on recommence. Des pilules bleues, rouges, vertes ou jaunes. Avec Internet, les patients se renseignent, ils savent exactement ce qu’ils souhaitent, ils décident souvent de leur propre traitement. Nombreux sont les sites qui expliquent les posologies et les effets. Le patient consulte son généraliste pour un rhume ou une bronchite et lui demande d’ajouter, au bas de l’ordonnance, tel ou tel médicament… L’addiction médicamenteuse
antalgiques opioides, tranquilisants,les stimulants et les autres …

Addictions aux substances illicites

Cannabis: interdit, vous avez dit interdit?

En 2016, la France a « fêté » les cent ans de la promulgation de l’interdiction du cannabis. Les historiens juristes planchent encore pour savoir pourquoi cette loi fut votée en pleine Première Guerre mondiale. Quoi qu’il en fût, il est grand temps d’en dresser le bilan et de constater que la prohibition a échoué dans ses objectifs de santé publique dont la baisse des consommations et la prévention des méfaits physiques et psychiques.

Qu’est ce que le cannabis:

Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée.
La plante comporte plus de cent molécules originales dont deux plus importantes.

le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) et le CBD (cannabidiol), ont des effets radicalement opposés !

Le THC entraîne les effets psychoactifs responsables des accidents psychiatriques aigus ou bad trips.

Des études françaises récentes viennent de démontrer une action inquiétante sur la vision, précisément une diminution de la réactivité rétinienne chez des fumeurs chroniques. Certes, les différences négatives s’expriment en millisecondes mais ce temps court n’est pas anodin dans la réactivité, notamment en voiture ou à moto. On ne sait pas encore si un arrêt de la consommation permet une disparition de cette diminution de réactivité rétinienne.

Le CBD est à l’origine de la sensation d’apaisement physique mais aussi psychique. Ses effets expliquent l’intérêt médical pour les vertus thérapeutiques de cette plante.

Testez-vous : cast (cannabis abuse screening)

Ce questionnaire concerne la consommation de cannabis au cours des douze derniers mois.
• Fumez-vous du cannabis avant midi ?
• Fumez-vous du cannabis lorsque vous êtes seul ?
• Avez-vous des problèmes de mémoire quand vous fumez du cannabis ?
• Des amis ou des membres de votre famille vous ont-ils déjà dit que vous devriez réduire votre consommation de cannabis ?
• Avez-vous essayé de réduire votre consommation de cannabis sans y parvenir ?
• Avez-vous eu des problèmes à cause de votre consommation de cannabis (disputes, bagarres, mauvais résultats à l’école…) ?
Pour chaque item : Jamais (0) Rarement (1) De temps en temps (2) Assez souvent (3) Très souvent (4)
Un score de 3 caractérise un risque modéré ou élevé de problèmes.
Un score de 7 points caractérise un risque élevé d’usage problématique, voire de dépendance.

Face à cette nouvelle maladie de l’adolescence, soyons adultes et protecteurs pour stopper les méfaits de cette « morale immorale ». Donnons-nous les moyens d’une politique humaniste et pragmatique. Finissons-en avec cette vision politique dépassée qui vise l’objectif d’un monde idéal sans drogues. Installons une vision pragmatique de prévention et de réduction des risques. Sans doute est-il temps d’en finir avec une passion française, celle de punir !

Cocaïne: la nuit blanche

La cocaïne a un pouvoir euphorisant et mégalomaniaque, elle laisse croire à l’artiste timide ou au commissaire aux comptes introverti qu’ils vont devenir champions du monde et maîtres de la galaxie. Mais la publicité est mensongère, l’excitation trop brève, et la folle promesse de désir se révèle quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent… sans plaisir.
D’où vient ce succès fou ? La cocaïne rend beau, fort et intelligent. Elle apporte une certitude insolente, une euphorie toute-puissante. Elle décuple le désir sexuel, gomme la fatigue, canalise les pensées, facilite miraculeusement les décisions et comble de bonheur.

Le manque retardé:

La notion de manque n’intervient que trois ou quatre jours après la dernière prise, d’où l’espoir et surtout l’illusion de ne pas être accro, puisqu’il n’est pas nécessaire d’en prendre tous les jours. Il n’y a pas de dépendance immédiate, aucun signe physique apparent. Mais ceux qui se croient au-dessus de la dépendance se trompent.
L’hyperactivité physique, psychique et sexuelle. Une vie trop rapide et trop remplie. Avec trop d’échéances et de challenges. Une vie palpitante, sans bande d’arrêt d’urgence. Aujourd’hui, la cocaïne s’est démocratisée, elle a emprunté les chemins de l’héroïne (en perte de vitesse à cause du sida et en raison de l’efficacité des traitements de substitution).
La cocaïne est l’une des substances psychoactives les plus difficiles à gérer. Lors de sa consommation excessive, il est presque impossible de se libérer de son emprise, physiquement et mentalement : beaucoup d’usagers ne peuvent stopper leur usage quels que soient l’heure, la situation et l’état physique. La cocaïne stimule des récepteurs clés dans le cerveau. À leur tour, ils vont créer une euphorie, un effet bref et intense. Quand la mèche de la neuro-excitation est allumée par la substance, une cascade biologique déferle,
face à laquelle le cerveau humain a bien du mal à construire un barrage.

Le tsunami des neurotransmetteurs: 

La cocaïne bouleverse notre système de récompense ! Elle essore la dopamine et le glutamate et entraîne un pic, immédiatement suivi d’une dépression dans notre cerveau, d’une grande nervosité et d’une dépendance incontrôlable selon la quantité consommée. Privé de dopamine, chef d’orchestre de ses émotions et de son
dynamisme, le cocaïnomane devient un sprinter immobile et fébrile dans les starking-blocks.
Il ne peut courir à nouveau que s’il reconsomme. Une nouvelle ligne de cocaïne et le voilà reparti pour 100 mètres. Il est difficile, pour des raisons psychologiques, mécaniques et neurobiologiques, d’arrêter la cocaïne au bout de quelques lignes. Le cocaïnomane consomme tout ce qu’il a sous la main. Il ne s’arrête que faute de marchandise. Ces abus correspondent à de vraies boulimies, des marathons dopaminergiques pour le cerveau. Au fil des grammes, la pensée se rétrécit, elle se focalise sur une idée, une volonté. Elle devient monocentrée, zoomant sur un unique objet. Comme la cocaïne interfère avec les réactions chimiques du cerveau, on a besoin d’une consommation plus importante, simplement pour se donner l’impression d’être « normal ». Les personnes dépendantes perdent tout intérêt pour les autres domaines de la vie. Rapidement, l’accoutumance s’installe. Les circuits cérébraux impliqués dans la maladie addictive sont les suivants : – le système cérébral « reptilien » est lié aux processus d’apprentissage, de mémoire et de récompense. Prendre de la cocaïne la première fois, c’est vivre un véritable tsunami cérébral. La consommation occasionnelle entraîne des phénomènes variables d’un sujet à l’autre. La consommation régulière est à l’origine de modifications de la structure des neurones.

Le craving

Cette envie irrepressible de reprendre du produit qui empechera cette descente morbide. Le craving s’observe dans les premiers jours ou semaines d’abstinence.

Mesurer le craving

Vous pouvez mesurer votre craving à l’aide de ce test, appelé le Cocaine Craving Questionnaire. Pour cela, il faut répondre aux propositions suivantes en plaçant une croix sur chaque ligne entre « pas du tout d’accord » et « entièrement d’accord ». Plus la croix sera proche de l’une des
deux réponses, plus l’accord ou le désaccord de l’usager sera important.
L’usager doit répondre selon ce qu’il ressent au moment où il fait le test.
1. J’ai tellement envie de cocaïne que je peux presque en sentir le goût.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
2. J’ai une forte envie de cocaïne.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
3. Je vais prendre de la cocaïne dès que je peux.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_:Entièrement d’accord
4. Je pense que, maintenant, je pourrais résister à prendre de la coke.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
5. J’ai une envie irrésistible de coke tout de suite. Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
6. La seule chose que je veux prendre maintenant, c’est de la cocaïne.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
7. Je n’ai aucun désir de consommer de la cocaïne tout de suite.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
8. Tout serait parfait si je consommais de la cocaïne maintenant.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
9. Je consommerai de la cocaïne dès que j’en aurai l’occasion.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
10. Rien ne serait mieux que de prendre de la coke tout de suite.
Pas du tout d’accord _:_:_:_:_:_:_: Entièrement d’accord
Comment côter cette échelle Cocaine Craving
Pour les items 1, 2, 3, 5, 6, 8, 9, 10
Pas du tout d’accord 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 Entièrement d’accord
Pour les items 4, 7 Pas du tout d’accord 7 : 6 : 5 : 4 : 3 : 2 : 1 Entièrement d’accord
Le score total de craving est obtenu en additionnant l’ensemble de ces items.
Il aide le patient et son médecin à évaluer cette question de gestion du craving au cours de la thérapie.

La « descente »

On a toujours qualifié l’héroïne de drogue du loser et la cocaïne de drogue du winner. C’est une grave erreur. On a vu des patients cocaïnomanes, anciens héroïnomanes, faire voler leur existence en éclats. Alors qu’ils avaient conservé un semblant de vie pendant dix ou vingt ans en cachant, contrôlant tant bien que mal, leur addiction à l’héroïne, la cocaïne détruisait tout en quelques mois. Ils disjonctaient, perdaient leur travail, leurs relations sociales et familiales et toutes leurs économies.
Les dangers La cocaïne à forte dose altère de nombreuses fonctions cognitives fondamentales : attention, mémoire (visuelle, de travail), prise de décision, capacité à réagir de façon adaptée à une situation. L’atteinte peut toucher autant les usagers récréatifs que quotidiens. Elle peut être irréversible s’il y a une destruction définitive de certaines sous-régions sous-régions du cerveau !

La polyconsommation

La cocaïne se consomme souvent avec d’autres drogues : alcool, tabac, tranquillisants, amphétamines, cannabis, héroïne, médicaments opioïdes. La cocaïne et le tabac ont quelques points communs. Ces produits alcaloïdes sont tous deux issus de feuilles d’arbres. De la nicotine a été retrouvée dans des feuilles de coca. L’association des deux substances est fréquente.

L’abstinence

à la cocaïne permet de retrouver une véritable intégrité structurelle cérébrale. L’abstinence prolongée permet une récupération des fonctions cognitives et émotionnelles liées à certaines structures cérébrales comme le cortex préfrontal, le volume de matière grise cérébrale étant mesuré par IRM. Contrairement aux autres drogues, où existe toujours la hantise de rechuter, l’ancien cocaïnomane perd souvent toute envie de consommer après un certain temps. Il pourra revoir des amis ou des lieux associés à son ancienne addiction sans que cela ne l’incite à recommencer. Les perturbations induites par la cocaïne s’effacent au fil des ans, la plupart des dommages se réparent.

Héroïne Maman fatale

Des fumeries d’opium aux seringues d’héroïne
L’héroïne est « la drogue par excellence ».
Ses fonctions positives initiales sont si puissantes que la Terre entière peut s’écrouler, ce n’est pas grave, vous êtes bien, enfin bien. Plus que l’image de la « maîtresse fatale » associée à la plupart des substances psychoactives à fort potentiel d’addiction, on parlera de « maman héroïne » pour évoquer la toute-puissance de cette substance et le bonheur du nourrisson blotti contre le sein de sa mère. Une puissance folle, mais calme. Au bout de l’existence comme des désirs, des souffrances comme des plaisirs, il y a l’apaisement fœtal de l’héroïne.
Le dieu grec du sommeil et des rêves, Morphée, a donné son nom à la morphine en raison de ses vertus dormitives.

Un peu d’histoire: 

L’héroïne est synthétisée à partir de la morphine en 1898, par l’Allemand Dreider. Elle est commercialisée comme médicament par l’entreprise pharmaceutique Bayer qui vante ses propriétés analgésiques bien supérieures à celle de la morphine. L’héroïne est utilisée dans le traitement des tuberculeux incurables, elle stoppe la toux et supprime la douleur. D’où l’origine de son nom : « héroïne » vient du mot allemand « heroisch », en lien avec sa grande efficacité. Elle est alors vendue librement en pharmacie comme pilule contre l’asthme, la diarrhée et… comme somnifère pour les enfants. L’on peut même retrouver des affiches publicitaires Bayer montrant les tubes d’héroïne… à côté de ceux d’aspirine, également synthétisée par ce laboratoire.
L’addiction à l’héroïne devient vite un problème de santé publique, le médicament qui remplace la morphine cause une nouvelle dépendance : l’héroïnomanie. Dès 1918, la Société des Nations (SDN) engage une campagne contre l’héroïne. En 1925, les États-Unis interdisent sa fabrication. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’héroïne disponible dans le monde est produite de façon illicite,

Un peu de physiologie:

Le temps cérébral n’est pas le temps civil. L’envie d’opiacés peut persister des années, voire des décennies. Les cellules de notre corps (pas simplement de notre cerveau) sont richement dotées en récepteurs opiacés. Elles ont la mémoire du plaisir et de l’action de l’héroïne. Une étude a révélé que des cellules intestinales, habituées à fonctionner au ralenti (constipation) lors des usages d’héroïne, en gardaient la mémoire pendant une vingtaine d’années. Cela peut expliquer la persistance clinique chez les anciens usagers d’héroïne de troubles du transit, longtemps après le sevrage.

L’overdose

En 1969, la France apprend que ses chères têtes blondes meurent d’overdose dans le sud du pays. Le décès brutal d’une jeune femme sur une plage méditerranéenne fait la une de France Soir. Les Français découvrent horrifiés que non seulement la French Connection alimente les États-Unis et une bonne partie du monde en héroïne,
drogue est consommée dans l’Hexagone. Ces premiers décès officiels par overdose d’héroïne seront à l’origine de la loi française du 31 décembre 1970. Elle continue de régir les actions répressives et sanitaires dans notre pays. À l’époque, il n’existe aucune structure réelle de soins, pas plus que de structures de prévention ou de réduction des risques. Le système français des toxicomanies va se construire autour de l’héroïne, dans un mélange de peur absolue, de paradis infernal et d’overdose.

La révolution des traitements de substitution opiacés

un peu d’histoire contemporaine Cette révolution, William Lowenstein en a été l’un des initiateurs.

MDMA 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8… teuf !

 

Synthétisée par les laboratoires Merck en 1912, a fait l’objet de recherches à visée militaire dans le but de potentialiser les effets anorexigènes (coupe-faim) et éveillants (anti-sommeil) des amphétamines. . Alexander Shulgin, pharmacologue américain à l’origine de sa redécouverte, l’auto-expérimente au début des années 1970 en Californie avant d’en faire la promotion dans un ouvrage intitulé PIHKAL.
C’est speed, c’est love ! Il y a un plaisir sensuel du contact sans désir sexuel. Elle renforce le sentiment d’appartenir au groupe. Cette « pilule d’amour » peut être à l’origine de manifestations anxieuses, d’hallucinations, de modifications de la conscience.
Attention : une consommation, même unique, de MDMA peut entraîner la mort par hyperthermie maligne, défaillance multiorganes ou par une atteinte fulminante du foie.

Les nouveaux produits de synthèse (NPS) Sex, drugs… and Internet

Les nouveaux produits de synthèse (NPS) désignent un ensemble hétérogène constitué de substances psychoactives imitant les structures chimiques et les effets des stupéfiants illicites (MDMA, amphétamines, cannabis, cocaïne…). Leurs structures moléculaires s’en rapprochent, sans être tout à fait identiques.

Addictions sans substance

Sexe Je suis sex addict !

Tout le monde consomme du porno sur internet, et ce quel que soit le sexe. Prenons les données du site Pornhub : entre 2014 et 2015, les femmes se sont énormément intéressées aux sextapes des célébrités, aux films gays féminins et masculins, aux films avec massages très sexy, aux films avec du sexe oral sous toutes ses configurations. Les femmes passent un peu plus de temps sur les sites que les hommes, Environ 24 % d’entre elles « streament » du sexe. Les surfeuses du web X ont entre 18 et 24 ans pour 36 % d’entre elles, 28 % ont entre 25 et 34 ans et 17 % ont entre 35 et 44 ans. Environ 25 millions d’Américains surfent sur les sites Internet dédiés au sexe entre une et dix heures par semaine. Près de 5 millions d’individus y passent plus de onze heures par semaine.

Le sex addict est hanté par des pensées obsédantes, orientées sexuellement. Elles tournent comme un disque rayé : des scènes érotiques, pornographiques, des images X, des envies… elles parasitent l’esprit et sexualisent en virtuel les relations sociales.

Écrans Digitale défonce

Les enfants, les adolescents et les jeunes adultes d’aujourd’hui appartiennent à une génération connectée, et même hyperconnectée. Ils sont nés avec Internet, les ordinateurs portables, les téléphones mobiles, les smartphones. Ils manipulent avec aisance ces outils, incluant consoles de jeux et tablettes, depuis leur plus jeune âge. L’exposition est permanente.

Quels sont les signes qui indiquent que mon enfant/ ado a des problèmes avec le jeu ?

1/ L’isolement progressif ;
2/ La faible estime de soi ;
3/ Une intolérance à la frustration ;
4/ Une irritabilité, des crises de nerfs ;
5/ Des angoisses ;
6/ Un certain degré d’interférence avec la vie quotidienne, comme la réduction du temps de sommeil ;
7/ Des difficultés à contrôler, à réduire son temps de jeu malgré de nombreux essais ;
8/ Plus de règles de vie ;
9/ Ne participe plus à la vie de famille ;
10/ Une chute des résultats scolaires, l’absentéisme.

Binge watching, Un épisode de plus ?

Le binge watching, ou binge viewing, ou marathon viewing, est dénommé ainsi par analogie au binge drinking. C’est le fait de regarder un programme sur un écran ou à la télévision pendant une période de temps plus longue que prévue. Ce marathon visuel concerne la plupart du temps des séries TV en plusieurs saisons comme Game of Thrones, Mad Men, House of Cards, Dexter, The Last Man On Earth ou

Jeu, Gambling enjeux

Le jeu appartient au règne vivant. Jouer est une possibilité de vivre avec d’autres règles, d’autres buts, d’autres rêves.

Addictions alimentaires, Au-delà de la malbouffe

Elle n’est pas dépendante à la substance dans l’aliment, elle est dépendante à sa propre dopamine ou un autre neuromédiateur que le sucre ou le gras vont stimuler. La patiente secrète la substance qui la rend dépendante, puisque le circuit de la récompense est stimulé de la même façon par les biscuits, le fromage, le chocolat… la cocaïne ou le cannabis. Quand elle mange, la patiente est immédiatement soulagée, détendue. Cela va au-delà du plaisir gustatif. Elle se sent bien. Il s’agit d’une addiction comportementale. Elle procure le même plaisir qu’une addiction avec substance. Même Lacan l’avait parfaitement repéré : « Quand on mange, on pense moins et quand on mange, on ne se sent jamais seul. »
L’alexithymie (incapacité à gérer ses émotions) donne lieu au développement d’addictions et à des surconsommations alimentaires compulsives de type boulimique.

Workaholisme Cramés de l’intérieur

Matsuri Takahashi, jeune femme de 24 ans, s’est jetée par une fenêtre de chez elle le jour de Noël, en 2015. Elle était entrée chez Dentsu, géant mondial de la publicité, en avril de la même année. Une victime de plus du « Karoshi », la « mort par excès de travail », reconnu comme accident du travail depuis 1989 par les autorités japonaises.
Ce phénomène intervient chez des salariés travaillant plus de soixante heures par semaine, plus de cinquante heures supplémentaires par mois ou pendant plus de la moitié des congés légaux.
. Elle avait des journées de travail de vingt heures. « Mes yeux sont fatigués et mon cœur est mort. Je pense que je serais plus heureuse si je me donne la mort. »
Le caractère pathologique du workaholisme repose sur le fait que la personne ressent une pression interne l’obligeant à travailler.

Le travailleur compulsif

est le stéréotype du workaholic. Il ressent constamment une pression interne à travailler, enchaîne les tâches sans interruption, il est virtuellement en permanence au travail.

Le binge worker

partage les caractéristiques du travailleur compulsif, à la différence près qu’il travaille intensivement et sans relâche uniquement à la fin d’un projet, et non de manière constante.

Le travailleur dissimulé

, en apparence normale, dissimule son addiction au travail afin d’éviter la désapprobation de son entourage.

Le travailleur anorexique

procrastine longuement avant de travailler efficacement. Il est tellement perfectionniste qu’il ne sait pas par où commencer. Au terme d’une période d’inefficacité, voyant approcher l’échéance, il se jette dans le travail jusqu’à épuisement.

le workaholic

s’investit excessivement dans le travail et néglige sa vie extraprofessionnelle. Il passe beaucoup de temps à travailler, pense constamment au travail lorsqu’il ne travaille pas. Il travaille au-delà de ce qui est raisonnablement attendu pour atteindre les exigences de son emploi ou pour combler ses besoins économiques de base

Le burn-out : « cramé de l’intérieur »

Le burn-out est une possibilité diagnostique tardive du workaholisme. Même s’il n’est pas encore reconnu comme une maladie professionnelle, malgré le souhait de certains parlementaires français, ce syndrome d’épuisement touche toutes les professions : les agriculteurs, les artisans, les commerçants, les chefs d’entreprise, les cadres, le milieu médical…
La personne atteinte de burn-out est dynamique, compétente, elle inspire confiance. Refusant tout compromis, elle s’investit sans compter, s’épuise à vouloir atteindre un but irréalisable et n’accepte pas de limites dans la recherche d’un idéal. Il existe de nombreuses frustrations liées à l’absence de récompense, de reconnaissance. Historiquement, le burn-out aurait été décrit pour la première fois, semble-t-il, dans le milieu des intervenants bénévoles en toxicomanie à New York au temps de l’épidémie d’héroïne due à la French Connection. Malgré des efforts démesurés, une attention permanente, leurs patients rechutaient sans cesse et beaucoup décédaient d’overdose ou d’infections graves (septicémies, endocardites).

Le burn-out se manifeste par

: – Un épuisement physique et psychique ;
– Un stress permanent ;
– Une dépersonnalisation avec une perte d’empathie, un détachement excessif, un cynisme d’autant plus surprenants qu’ils surviennent chez des personnes antérieurement très investies affectivement dans leur travail ;
– Une perte de l’estime de soi, un sentiment d’inutilité.

Les signes du burn-out sont parfois peu spécifiques : au début existent des troubles cognitifs (attention, concentration, mémoire, manque de mots, lapsus), une diminution de la rentabilité, une augmentation de l’implication, une fatigabilité, un déni du surmenage et de la surcharge de travail. Puis viennent les troubles du sommeil, une fatigue résistante au repos, de l’irritabilité, de la colère, des émotions labiles, une perte du plaisir au travail, des céphalées, des douleurs, des tensions musculaires, des troubles digestifs, une consommation excessive voire une addiction à des produits dopants. La personne commence à entamer son énergie vitale et sa structure mentale.
Sans son travail, elle n’est plus rien, et surtout elle ne possède plus rien : plus d’amis, plus de vie affective, plus de vie sociale ! C’est un vertige devant le vide extraprofessionnel. Le diagnostic de dépression est alors bien plus souvent porté que celui de burn-out. Mais, rappelons-le, si la dépression est bien répertoriée dans la classification des maladies, ce n’est pas encore le cas du burn-out…

Comptez : 1 = jamais 2 = parfois 3 = souvent 4 = toujours

1/ Je préfère effectuer les choses moi-même plutôt que de demander de l’aide.
2/ Je deviens très impatient quand quelque chose prend trop de temps à mon goût.
3/ Je suis dans une course permanente contre la montre.
4/ Je suis irrité quand on m’interrompt au cours d’une activité.
5/ Je suis toujours occupé, j’ai plusieurs activités en cours.
6/ Je me retrouve en train de faire deux ou trois choses en même temps comme déjeuner, écrire, parler au téléphone.
7/ Je m’engage sur plus que je ne peux en supporter.
8/ Je me sens coupable quand je ne travaille pas.
9/ Il est important pour moi de voir les résultats concrets de ce que je fais.
10/ Je suis plus intéressé par le résultat final de mon travail que par le processus.
11/ Les choses ne vont jamais assez vite pour moi.
12/ Je m’énerve quand les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite.
13/ Je pose plusieurs fois les mêmes
questions, sans comprendre que j’ai déjà reçu la réponse.
14/ Je passe beaucoup de temps à planifier mentalement les événements futurs, tout en ignorant le présent.
15/ Je suis toujours en train de travailler quand mes collègues ont déjà arrêté.
16/ Je m’énerve quand les autres ne rejoignent pas mes standards de perfection.
17/ Je m’énerve quand je ne peux pas tout contrôler.
18/ Je me mets la pression avec des échéances personnelles.
19/ Impossible de me relaxer quand je ne travaille pas.
20/ Je passe beaucoup plus de temps à
travailler que dans des passe-temps ou activités de loisir.
21/ Je prends de l’avance avant de finaliser les étapes.
22/ Je suis furieux si je commets une erreur, même la plus anodine.
23/ Je mets plus de temps et d’énergie dans mon travail que dans mes relations avec mon conjoint ou ma famille. 24/ J’oublie ou minimise d’importantes occasions familiales comme les vacances, les anniversaires, etc.
25/ Je prends les décisions importantes avant même d’avoir réuni tous les éléments pour me forger une opinion.

Résultats : – 25 à 54 : pas d’addiction – 55 à 69 : vous êtes en danger – 70 à 100 : vous êtes addict au travail

Junkies du sport & bigorexie Dopés aux endorphines

Acheteur, acheteuse en série To buy or not to buy

Sun addict Cramée de l’extérieur

Conclusion

Bien des pas de côté sont compréhensibles, légitimes, surtout à l’adolescence, pour déterminer sa propre ligne de vie, à condition qu’ils ne soient pas irréversibles. Un esprit libre dans un corps sain…
Les addictions, par leurs conséquences indésirables, mais aussi à cause des politiques de répression que notre XXe siècle a cru « bon » d’imposer, au détriment des stratégies de préventions et de protection sociale, menacent ces deux trésors de vie. Saurons-nous aujourd’hui construire un des plus beaux projets de santé publique qui soit : développer la santé des addictions ? Saurons-nous faire un XXIe siècle des Lumières, « vivre » avec les drogues pour mieux en réduire les risques et événements dommageables ? 
En pratique, et pour conclure, voici nos doux rêves pour la fondation d’une addictologie moderne et le développement d’une santé des addictions :

1/ Ne plus exiger un « patient idéal ». Cela n’existe pas, en addictologie comme dans les autres disciplines, médicales ou sociales ;

2/ Avoir un regard humain, éthique sur les addictions. Les addicts sont des citoyens ;
3/ Développer les stratégies de réduction des risques, c‘est-à-dire les stratégies qui diminuent ou préviennent les effets indésirables tout en respectant les effets désirables, comme cela est recherché pour tous les médicaments, les interventions de chirurgie et de réanimation ou encore les procédures hospitalières ;

4/ Évaluer régulièrement les différents traitements des addictions, les différentes approches des préventions (quand elles existent) et l’activité des structures hospitalières et médicosociales spécialisées. Journalistes amoureux des tops 500 des meilleurs hôpitaux, cliniques ou services, quand daignerez-vous poser votre œil acéré sur les structures d’addictologie et de réduction des risques ? ;

5/ Booster les recherches en santé des addictions, aussi bien en sciences dures qu’en sciences humaines. Donner toutes leurs places aux usagers ou patients-experts dans ces recherches, ainsi que dans la création ou l’évolution des outils de prévention et dans l’organisation des parcours de soins et de réduction de risques ;

6/ Publier chaque mois, comme pour la grippe ou les accidents de la route, avec une large diffusion médiatique, les chiffres des morbidité et mortalité des addictions, ainsi que les alertes en cas de produits frelatés et dangereux pour la santé ;
7/ Réfuter les morales religieuses et les politiques rigides qui se révèlent immorales, inhumaines, contre-productives dans la prévention et la réduction des effets indésirables des addictions. Ce ne sont pas les courbes des kilos ou tonnes de substances saisies qui doivent être suivies et commentées d’une année à l’autre, mais les améliorations sanitaires (diminution des OD, des infections, des cancers, des maladies cardiovasculaires, de l’espérance de vie) et sociales (baisse des incarcérations, des petites et moyennes délinquances, des accidents de la voie publique, des violences urbaines et conjugales, etc.) ;

8/ Sortir de la tyrannie de l’abstinence
comme critère de réussite d’un traitement, sortir du jugement, de la culpabilisation et de la pénitence. Valoriser la reprise du contrôle de sa consommation, prévention et réduction des effets indésirables, médicaux et sociaux ;

9/ Sortir la médecine scolaire de l’Éducation nationale pour la confier au ministère de la Santé, et la renforcer, notamment pour parler de façon pragmatique des addictions et en changer l’image. Rassembler la gouvernance, actuellement trop éparpillée en différentes structures, dans une Agence nationale de recherche, de prévention et de soins des addictions, rattachée au Premier ministre et au ministère de la santé
10/promouvoir la cigarette électronique
11/ favoriser l’accès aux traitements médicamenteux les personnes souffrant de problèmes avec l’alcool.
12 /légaliser et réglementer l’usage et la vente du cannabis
13/developper la e santé pour la prévention, le suivi , la diffusion des informations

Des addictions nouvelles imposent des définitions nouvelles et des approches visionnaires.

Merci d’avoir lu cet article. 

Soyez curieux, lisez ce livre. 

Du fond du coeur, Merci. 

 

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