Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner. Partie 2

votre cerveau n'a pas fini de vous étonner

Ce livre est une source d’espoir et de connaissance, une méthode pour muscler son cerveau.

le résumé de la premiere partie est ici:
https://ma-case-a-soins.com/votre-cerveau-na-pas-fini-de-vous-etonner/

Chapitre 5 :entretien avec Jean-Michel Oughourlian.

 

« au cerveau cognitif s’était ajouté un cerveau émotionnel. Et voila que nous découvrons un cerveau mimétique »

le mimétisme:

Vous me regardez remplir un verre d’eau , le porter à mes lèvres, boire et dans votre cerveau , les mêmes zones s’allument que dans le mien. C’est très important en psychologie. Vous m’avez alors identifié comme humain car si c’était un levier mécanique qui avait soulever le verre, votre cerveau ne se serait pas allumé. Cela explique l’empathie, car vous comprenez ce que je fais et vous vous dites, s’il se sert de l’eau et qu il boit, c’est qu’il a soif. Vous comprenez mon intention et mon désir. Que vous le vouliez ou non, votre cerveau vous donne la même envie. Comme ces contagions, si je baille, vous baillez et si je ris, vous allez rire aussi poussez par l’ empathie. Cette disposition de cerveau à imiter explique l’apprentissage et aussi la rivalité. Comme un homme qui ne regarde plus sa femme. Si celle ci se fait courtiser par un autre homme, son mari par rivaliser et par mimétisme, la désirera à nouveau, s’appropriant le désir de l’autre.
L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient alors modèle et rivale. De cette rivalité, nait la violence, collectivement évacuée dans le sacré ( sacrifice ethymologiquement du latin sacrificium dérivé de sacrificare: faire sacré).
L’hypnotiseur, par exemple, en substituant par la suggestion son désir au désir de l’autre fait disparaitre le moi. Il surgit un nouveau moi , un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur.

L’empathie serait donc naturelle

Mais dans certains cas cela ne semble pas fonctionner. Comme ce paysan polonais dans le film « Shoah » de Claude Lanzmann qui racontait qu’il labourait les champs à coté des camps d’Auschwitz , il bravait l’ interdiction des allemands et regardait quand même. Vous regardiez demande Lanzman « et ça ne vous fait pas mal? ». Le paysan lui répond «  mais monsieur, si je me coupe un doigt, ça ne fait mal que à moi ». Boris Cyrulnik explique cette attitude par le fait que par manque d’éducation ou par ne pas avoir été assez regardé lui-même, l’être humain peut ne pas développer d’empathie. Les neurones en miroir ne se développent pas et cela donne un être pervers.
Le rôle de la pression sociale est expliqué dans «  les bienveillants » de Jonathan Littell. Un officier SS est d’abord révolté par le traitement des prisonniers , finit par renoncer devant l’impossibilité de changer les choses. Il y a lutte à l’intérieur de son système neuronale et c’est finalement les neurones en miroir du système nazi qui l’ ‘emportent. C’est la force mimétique du groupe. Tout comme une ola dans un stade même si vous n aimez pas le foot. Il en est de même entre la lutte acharnées des campagnes publicitaires et électorales.

Pendant longtemps, la vision du cerveau se résumait à un cortex doté d’un certain nombre de fonctions motrices et sensitives . Cette tendance cartographique du cerveau avait été assouplie par la psychanalyse freudienne, qui a bouleversée ce qu’on savait sur la mémoire. Le coefficient intellectuel est inventé en 1912
Antonio Damasio découvre dans les années 1960 à 70, le cerveau émotionnel, le système limbique, toutes les passerelles neuro endocriniennes. Il écrit « l’erreur de Descartes ».
Le QI devient obsolète et remplace par le coefficient émotionnel. qui mesure notre capacité à réagir emotionnelement et affectivement.
La connaissance des régulations du système limbique est devenu un énorme chapitre de la psychiatrie contemporaine . Ce cortex ancien qui correspond à l’hypothalamus , à l’hypophyse constitue le noyau de nos humeurs. C’est de lui que dépend que nous soyons déprimés, excités, angoissés ou sereins. Nous avons donc 2 cerveaux: un cognitif et un émotionnel.
1990: Rizzolatti découvre les neurones en miroirs. , et ainsi le « troisième cerveau », le cerveau mimétique. On ne peut dire que je vous ai imiter que si vous me l’avez suggérer et réciproquement. Ainsi le maitre devient modèle, puis rivale puis obstacle. Car si la genèse de l’intelligence mimétique précède l’intelligence émotionnelle et cognitive, elle influence donc les 2 premières.
Si je parviens à désamorcer la spirale violente de la rivalité, ou de l’obstacle et que je parviens à garder le modèle comme modèle, et à pacifier mes rapports humains, mon intelligence mimétique va devenir synonyme de sagesse. Elle va également susciter des émotions et sentiments positifs, bonne humeur, estime , amour.
Si par contre, les rapports mimétiques tournent à la rivalité, cela va mobiliser tout mon cerveau cognitif pour accréditer la rivalité donc l agressivité. C’est ce que nous voyons chaque jours dans les cours de récréations, dans les campagnes électorales, jusqu’à la guerre. Cette rivalité va se projeter sur le système limbique et s’accompagner d’humeurs et de sensations désagréables, de sentiments négatifs, de haine et de ressentiments.
On peut très bien revenir au stade d’apprentissage qu’on a connu dans l’enfance, tout en gardant le modèle comme modèle, en se libérant du carcan de la rivalité, qui nous enferme dans la jalousie, l’envie , la violence. La sagesse consiste simplement à finir par apprendre à désirer ce que l’on a . Quand on y parvient, on est dans la sagesse et également dans la liberté.

Libre de creuser ce que j’ai , j’ai une conscience. Je peux l’explorer de manière sur aiguë, l’éveiller, et être capable de mettre de la distance vis a vis des désirs et des comportements que mes neurones en miroirs me poussent à imiter, me libérer de tous les conditionnements et fanatismes dont j’ai été contaminé, de tous les mimétismes rivaux qui jalonnent mon existence.

Chapitre 6:
Notre cerveau émotionnel et autonome

Sentir, penser, agir ne consomme que 1% de notre énergie cérébrale. Que fait-on du reste?

Penser au visage d’un être cher, fermez les yeux. vous venez d’allumer un réseau de quelques centaines de million de neurones dans une jungle, dotés chacun de mille à dix milles connexions synaptiques, assistés de mille à cinq mille milliard de cellules gliales. Le moindre souvenir, savoir, aptitude, habitude, sensibilité sont en fait des réseaux de neurones reliés entre eux, des réseaux dynamiques qui ne s’arrêtent jamais, et sont en permanente reconstruction , colonisant tout territoire vacant.

De nouveaux neurones, même chez les adultes et seniors?

Le plus important n’est pas tend la genèse de neurones, déjà un dogme colossal qui s’écroule, mais la croissance des épines dendritiques qui relient les neurones entre eux pour qu’ils deviennent opérationnels: les facteurs principaux de croissance sont:
le désir, l’affection, l’interrogation, la réflexion, l’action et l’effort volontaire

qu’est ce qui détruit les neurones:
le vieillissement, le stress, la pollution, certaines maladies et surtout la passivité.

C’est l’imagerie qui nous a permis de voir cela;
Notre cerveau ne comporte pas de régions spécialisées de calcul, ou même de traitement d’informations visuelles: tout fonctionne en réseau. C’est à dire que par exemple pour reconnaitre un visage, plusieurs chaines neuronales reparties un peu partout se mettent en marche.

Sentir, penser, agir:
notre cerveau fonctionne toujours à flux tendu

Sans réserve d’énergie et toujours à 100% de ses capacités, nuit et jour, éveillé ou endormi. Mais seulement 1% de cette activité est accessible à la conscience. Les 99% restants, consolident, confirment, infirment, corrigent tous les réseaux neuronaux en permanence, pour que les 1% ( entendre, voir, sentir, gouter, se souvenir, réfléchir, décider, agir, se contenir, refuser…) fonctionnent.

Le réel est celui que nous connaissons à travers nos réseaux neuronaux eux mêmes fonction de nos croyances.

L’équipe du Pr Mazoyer travaille sur ce sujet.
Etudier ce non conscient cérébral, révèle l’existence de de 5 réseaux: un visuel, un autre réseau pour les autres entrées sensorielles, un pour les intentions, alertes et apprentissage, un pour la mémoire de travail ( à court terme), et celui de la mémoire épisodique ( à long terme)
Tout cela est au stade de recherche.
Il étudie le fonctionnement cérébral par default en mettant des cobayes humains à l ‘IRM fonctionnelle et leur demande de ne rien penser. La seule façon de savoir si ils ont pensé à rien est de les interroger à la fin de l’expérience en espérant que leur mémoire sera suffisamment subtile pour décrire ce qu’il se passait en eux quand ils ne pensaient à rien.
Au vue des réponses, il semblerait qu ‘il y ait 2 psyché humain: les visuelles et les verbales.

l’imitation, l’émotion, et la répétition.
Une foule de facteurs entrent en jeu dans la formation de nos réseaux neuronaux qui portent notre mémoire donc notre conscience et notre identité.
les 3 suivants semblent être les plus puissants
L’imitation: nous l’avons précédemment, repose sur les neurones en miroir. Sans eux nous ne pourrions pas entrer en empathie ni apprendre quoique ce soit
L’émotion :les centres neuronaux qui contrôlent nos émotions comme l‘hypothalamus sont considérés comme les chefs d’orchestre cérébraux ( Antonio Damasio)
La répétition: aucun réseau neuronale ne pourrait se constituer si le facteur déclencheur ne se répétait pas des milliers de fois. Nos ancêtres le savaient déjà: «  il faut sans cesse se remettre à l‘ouvrage pour apprendre, mémoriser, connaitre ».

Imitation , émotion, répétition constituent ainsi la trame de notre vie affective relationnelle.

Notre cerveau est un organe social.
Christophe André dit «  l’avantage des émotions, c’est qu’on peut apprendre à les canaliser, à les apprivoiser »

 

Chapitre 6: entretien avec Christophe André: les émotions se trouvent au coeur de la plasticité cérébrale.

 

A l’époque de mes études en médecine, dans les années 1980, la psychiatrie et la neurologie était séparées. Puis s’est imposée la révolution cognitive.Les laboratoires de psychologie se sont interresssés à la façon dont le cerveau produisait la pensée. Ce mouvement de retour vers le corps s’appuie sur les nouvelles techniques pour les évaluer, l’imagerie cérébrale.

Cette révolution cognitive s’est surtout développée aux Etats Unis.
Antonio Damasio, Benjamin Libet, Joseph LeDoux, Eric Kandel réfléchissent aux interactions entre neurosciences et clinique. En France, ce sont en premier Jean-Pierre Changeux, Marc Jeannerod, Pierre Magisttretti, Jean-Philippe Lachaux

Les comportementalistes ont monter leur efficacités : bien sur ,ces troubles complexes et phobiques, ces dépressions les problèmes de personnalité sont complexes mais si on commençait avec ce patient anxieux à apprendre à respirer d’une certaine façon, à diriger sa conscience plutôt que de lui parler de sa souffrance?

Paul Valéry a dit  «  ce qui est simple est faux , ce qui est compliqué est inutilisable »
En psychologie, si on simplifie, on falsifie une partie de la réalité et ne simplifiant pas, nous sommes impuissants.

Par exemple, un patient en proie à de troubles panique: si le noeud énormes de ses souvenirs pathologiques, de ses connections cérébrales représentent certainement un faisceau neuro psychologique d’une complexité redoutable, s’y attaquer est impossible. Alors que faire, programmer des années de psychanalyse, alors que cette personne à besoin d’une aide urgente. Apprendre à respirer et ouvrir sa conscience pour apprendre à sentir à arriver le trouble et le controler. On crée ainsi un nouveau réseau, une nouvelle façon de générer les flux émotionnels.
L’approche neuro cognitive est devenue ma culture médicale
Donner une aide au patient qui va lui réapprendre à réamorcer ses capacités d’auto équilibrage et d’autoréparation et dont les processus nous échappe, redonner au patient l’espoir et l’optimisme, l’aider à lui faire prendre conscience qu’il peut modifier son parcours, se changer lui-même.

1992: le psychiatre Lewis Baxter Jr et son équipe prouve , image cérébrale à l’appui , qu’une thérapie comportementale chez des patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs permettait de faire diminuer les symptômes et la force des réseaux d’activation lies au TOC , au niveau du noyau causé droite du cortex orbito-frontal.
La neuro plasticité demande un énorme travail de la part du patient, réaménager les réseaux neuronaux revient à se remettre en apprentissage
La base de tout changement psychique émotionnel durable autoproduit, c’est la neuroplasticté, notion d’expériences et d’exercices inlassablement répétés

Matthieu Ricard parle « d’entrainement de l ‘esprit ».

C’est vrai pour la thérapie et aussi pour la prévention des troubles : les praticiens de psychologie positive vous invitent à prendre conscience, à savourer les bons moments,.Si vous avez appris à intensifier votre conscience de ce bon moment, vous l’enregistrer dans votre cerveau de manière bien plus puissante que si vous l’avez vécu sans y prêter attention . Vous pourrez ensuite retrouver cet état même si le contexte ne si prête pas

Eric Kandel, prix nobel de médecine en 2000 pour ses travaux sur la mémoire, fait faire des expériences sur la « sécurité apprise ».
En psychologie, des outils simples, à la porte de tous, très efficaces, nécessitant un entrainement réguliers, ne coutant rien, suffisent à modifier doucement l’architecture fonctionnels de notre cerveau.

Votre travail de thérapeute vous a amené à travailler sur le champs des émotions et de l’influence positive ou négative qu’elles excercent sur nos vies. Les flux émotionnels ne gouvernent-ils pas la structuration et le fonctionnement de notre cerveau?

Oui
Nous sommes équipés d’un certain nombre de cablage émotionnels près à fonctionner à notre naissance.
Nos réseaux neuronaux sont bâtis pour nous faire ressentir la peur, , la colère, la tristesse, la joie. Personne n ‘a besoin d’apprendre ces émotions. Nos expériences de vie nous poussent à ressentir ou à réprimer ces émotions. Nous basculons en « pilote automatique » d’elles qu’elles deviennent trop intenses.
Des émotions répétitives peuvent activer des circuits très puissant et violents qui nous submergent.

Que faire?

Il est essentiel d’accepter que nous sommes traversé par des émotions de base , aussi naturelles que notre respiration.
Il est tout aussi essentiel de comprendre qu’il est possible de moduler ces flux, et c’est là que les techniques de « pleine conscience » interviennent.

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Les émotions sont à la fois naturelles, spontanées, inévitables mais aussi sous l’emprise de nos décisions et de notre volonté.
Il est inutile de vouloir faire taire nos émotions négatives. Il faut les accueillir pleinement et apprendre à les observer plutôt que de les subir.
En thérapie comme en méditation, il est possible d’apprendre à canaliser, à domestiquer, à chevaucher nos flux émotionnels.
Comme un marin qui garde son cap quelque soit la direction du vent.

Parlez nous de l’approche pour laquelle vous êtes connu du public, « l’apprentissage de la pleine conscience ».

Au début de mes études, je me serais fait viré pour cela.
Aujourd’hui, par exemple, le Pr Antoine Pelissolo , professeur de psychiatrie à La Pitié-Salpetriere, applique la technique de l’entrainement attentionnel à certains de ces patients
Vous crée en vous de nouvelles connexions cérébrales qui peuvent vous servir ensuite d’outil de dérivation de la peur, de la tristesse, de la colère…

Toutes ces techniques ne commencent -elles pas par les respiration?

De John Zinn à Zindel Segal, tous les psychiatres et neuro psychiatres, qui ont introduits la méditation comme outil thérapeutique utilise la technique du « scan mental corporel », faisant découvrir au patient que ce ne sont pas que les poumons qui respire mais tout le corps. Plus les patients progressent, plus ils s’approchent de la conscience ouverte ou de la pleine conscience, plus ils se rendent compte que cette présence mentale ne peut être localisée à tel point du corps ou à un autre. Les frontières s’ammenuisent entre les différentes parties du moi puis entre moi et le monde.
Si quelque chose me fait souffrir, plus je l’accueille en pleine conscience, moins cette chose occupe proportionnellement de la place en moi. Si je me focalise sur ma douleur, elle prendra 100% de la place. .
Une fois de plus , nous revenons à la neuroplasticité.

Par quel biais?

L’élargissement progressif de la conscience ne s’apprends pas du jour au lendemain. Elle s’apprends peu a peu, par la pratique régulière. , entrainant ainsi peu a peu une restructuration neuronale.
Ce qui est difficile, c’est de se mettre à pratiquer.
qu’est ce qui nous freine ainsi?
Sans doute une vieille histoire.
Schopenhauer a dit: « il est vrai que tous les sages tous les temps ont toujours dit la même chose, et les sots, c’est à dire l’ immense majorité de tous les temps , ont toujours faits la même chose, à savoir le contraire, et il en sera toujours ainsi ».
ou Paul Valery: « l’esprit règne mais ne gouverne pas »
Vouloir décider est vain si l’on a pas longuement expérimenté avant.

Quand vous dites «  notre esprit est là, mais ce n’est pas lui qui prend les décisions », vous faites références aux expériences neurologiques de Benjamin Libet, qui démontre que quelques millisecondes avant que nous prenions une décision, celle ci est en réalité déjà prise, par une instance corticale dont nous n’avons pas conscience?

Absolument.
Cela pose la question de la nature de la conscience, comme si une préconsciente préparait le travail pour moi.
Le flots des nouvelles connaissances est aujourd’hui vertigineux.
L’interface entre cerveau et conscience voit ses frontières bougées.
Comprendre comment le cerveau fonctionne agrandit notre liberté, et nous offre la possibilité de savourer ces merveilles, ce que nous partageons avec nos patients.

Pouvons nous supposer un rapport entre les états d’âmes et la neuroplasticité?

Les grandes émotions, franches et entières, comme la colère, la tristesse et la joie, nous habitent entièrement et ne durent pas. Un état d’ame est une somme d’émotions subtiles, tenaces, influentes, qui dure des heures, des jours, des semaines. Pour chaque grande émotion, il existe une famille d’états d’âmes.
Ce n’est pas la grande colère, mais le petit agacement, le vague énervement. Ce n ‘est pas la grande peur, mais le soucis, l’agitation, l ‘inquiétude. Ce n’est pas la tristesse, mais le petit coup de blues.
Venues de dehors , ces sous émotions peuvent sembler dérisoires. De dedans, elles sont incroyablement importante car l’essentiel de notre vie intime est fait d’états d’âme.
Quand on est sous l’influence d’une grande émotion, on se retrouve dans une sorte d’aliénation répondant à un cablage génétique programmé pour toute une espèce. Quand on est dans un état d’ame, on est habité par un phénomène psychique très complexe où tous les acquis, l’expérience et la culture rentrent en jeu.

Comment définir la notion de « vie antérieure »?
Plus un groupe de patient qui médite évolue, plus les gens vivent des expériences très difficiles à restituer avec des mots. Cela n’affaiblit pas la communication bien au contraire, parce qu ‘on assiste à des phénomènes de résonance, de synchronisation.

A vous entendre, l’avenir semble exaltant.

A la fois exaltant et inquiétant.
Inquietant à cause des psychotoxiques. Comme pour la pollution chimique, leurs effets destructeurs agissent peu a peu et leurs répétitions amputent une partie importante de nos capacités cérébrales.
Tout comme les citadins se mettent au sport car n’excercent plus aucune activité physique, les gens stressés se mettent à la médiation, comme un réflexe de détox psychique.La publicité par exemple est un grand toxique psychique.
Un autre danger réside dans le développement des égoïsmes et du narcissisme.
La psychothérapie de demain devra s’attacher à cultiver au mieux les ressources du lien social. Nous sommes programmés pour cela. et nous avons à restaurer et à entretenir ces capacités naturelles à l ‘altruisme que nos sociétés individualistes et matérialistes tenant à étouffer. Encore un chantier pour la neuroplasticite.

Chapitre 7 Notre cerveau reste une énigme

 

Si nos rêves s’écrivent à la seconde où nous nous réveillons, que fait notre cerveau avant?
A quoi peut bien ressembler le fonctionnement par default dont parle le Pr Mazoyer, ce non conscient qui absorbe 99% de l’énergie nécessaire, comment fonctionne ce 99% où se trouvent tous nos réseaux de souvenirs, de nos états d’âmes, ce que nous appelons « moi ».

Jean -Pol Tassin, neurobiologiste au collège de france et directeur de recherche à l’INSERM. Sa spécialité, la neuro biologie des addictions.

On sait que la cocaïne, l’héroïne, les amphétamines, la morphine, le cannabis et aussi le tabac et l’alcool, envoient des molécules qui entrent dans les synapses, dans les connections des neurones.
Dans ces espaces, circulent une bonne centaine de neuro médiateurs, de l’adrénaline , de l’acétylcholine, à la dopamine, qui modulent tous nos états intérieurs, pulsions , émotions, décisions, inhibitions, états d’âmes, sentiments. Toutes les droguent agissent différemment en stimulant production ou en inhibant la capture ou la destruction de tel ou tel neuro transmetteurs et la finalité de toutes, c’est de libérer de la dopamine. Celle ci stimule le circuit de la récompense, procure au cerveau une sensation de plaisir. et c’est pour cela que l’humain aime se droguer. .. la dopamine est le neurotransmetteur que les synapses libère à la fin d’un grand nombre de processus, on lui attribue un rôle essentiel sans comprendre tous les mécanismes : c’est le drame de la dopamine.
Jean-Pol Tassin a lui aussi divisé le cerveau en 2 parties inégales de 1% et 99% et désigné cette fois le nombre de neurones et pas la quantité d’énergie consommée.
Il décrit un premier réseau de base: qui concerne 99% des neurones: ce réseau traite les opérations de la vie: réceptions sensorielles, motricité, décision, volonté, mémorisation…. le second réseau de 1%, est le réseau modulateur, oriente en permanence les opérations du grand réseau de base.
Les neurones modulateurs se divisent en 3 grandes familles; gouvernées respectivement par 3 neuromédiateurs: la noradrénaline, la sérotonine, la dopamine.
Quand une donnée arrive au cerveau, elles est d’abord traitée par les neurones modulateurs fonctionnant à la noradrénaline et à la sérotonine qui lui attribuent un sens, puis est confiée ceux qui fonctionnent à la dopamine. , qui l’oriente ensuite vers le réseau de base, soit vers le cerveau cognitif lent (celui dont on a conscience, nous fait parler, agir, mémoriser) soit vers le cerveau analogique rapide(l’opération se déroulera à notre insu, de çacon instinctive).
Les neurones à dopamine n’ont donc aucune autonomie, car dépendent des précédents, mais agissent en dernier, et leur rôle primordial .
C’est ainsi qu’on a pu voir le déficit en dopamine cité comme déterminant dans l’accoutumance aux drogues, dans la persistance la dépression, et son excès comme déclencheur de la schizophrénie. .Elle est aussi impliquée dans le controle des mouvements et son absence laisse apparaitre les tremblements de la maladie de Parkinson. Aujourd’hui, son rôle est revu à la baisse car tous les problèmes d’une chaine de transmissions ne vient pas forcement du dernier maillon.

Globalement, si les neurones modulateurs défaillent, on ne peut plus compter sur son cerveau cognitif lent ( mémoire et intelligence)et on tourne en analogique rapide, en pilote automatique.
Lorsque nous nous endormons, les neurones noradrénergiques et sérotoninergiques cessent de fonctionner, sinon, c’est l’insomnie garantie. Le cerveau cognitif rapide est mis hors circuit. . Le rêve ne peut survenir qu’au réveil, quand les neurones modulateurs se mettent en fonction et c’est pour cela qu’on se réveille. . Ils se remettent en route même une fraction de seconde car c’est une question de survie, un neurone qui ne fonctionne pas meurt. Notre sommeil est truffé de micro réveil, où notre cerveau cognitif lent se réveille et fabrique une histoire en une fraction de seconde, à raison d’une image en 5 centimes de secondes
Nous restons à l’énigme du début: si le scénario du rêve s’écrit au réveil, que se passe tel pendant notre sommeil paradoxal?
L’approche scientifique est elle la meilleur façon d’aprehender cette réalité qui s’appelle notre cerveau?

 

Chapitre 8.Entretien avec Thierry Janssen.

« s’entrainer sans relâche à la curiosité, la fluidité, la cohérence »

Vous avez étudié la médecine entre 1980 et 1986. Vous parlait-on de plasticité corticale ou de neurones modulateurs?

Non, jamais!. La neurophysiologie était purement anatomique. Nous n ‘avions pas de vison dynamique globale du cerveau.
On savait que la mémorisation d’un geste ou d’un texte demandait de la répétition mais on ne savait pas que cela correspondait à des circuits neuronaux. , ni que ceux ci étaient malléables.
Tout travail d’apprentissage ou de rééducation demande beaucoup d’effort, de discipline, de régularité, d’opiniâtreté, comme pour les sportifs ou les instrumentistes qui savent que si ils s’arrêtent de s’entrainer, leur niveau va baisser. Seule la répétition leur permet de faire fusionner les aires motrices nécessaires des muscles de leur jambes sur la piste ou des doigt sur leur clavier. Il est vrai qu’une fois installées certaines voies neuronales ne s’effaceront plus: quand on a appris a faire du vélo, c’est pour la vie.
Si on savait déjà tout ça , on l’explique de façon neuronale que récemment.

L’equipe du Pr Richard Davidson a observer en IRM fonctionnelle et électroencephaogramme les cerveaux de personnes ordinaires, et de grands méditants( au moins 10000 heures de méditation ) . Les différences quand on les soumet à des situations à contenu émotionnelement négatif, le cortex préfrontal droit s’active intensément chez les non méditants( ils éprouvent alors peur, anxiété ,colère), leur taux d’adrénaline et cortisol augmente, générant une réaction de stress. Le système neuro-immonu- endocrinien des méditants reste stable avec maintien de l’activité de leur préfrontal gauche.

àe cortex préfrontal droit est plutôt lie a des émotions désagreables, le gauche à des agréables.
L’hémisphere droit est plus ancien et les émotions désagréables sont des signaux d’alerte pour notre survie ( dégout, peur, colère). Il stimule notre système sympathique qui nous met en alerte, engendre la sécrétion d’hormone comme l’adrenaline qui permet au coeur et aux muscles de fournir l’effort nécessaire . Le cortisol prépare le système immunitaire à l ‘agression. .Cet ensemble est bien supporté par l’organisme si le signal est bref.
A l’inverse , le cortex pré frontal gauche, , plus récent, nous permet de prendre du recul, d ‘analyser et de relativiser les situations. , génère les émotions agréables, enthousiasme, émerveillement, joie, , stimule notre système parasympathique, permet de nous détendre relaxer, récupérer nos forces

Pour les moines méditants, on pourrait dire que leur cerveau est ainsi fait et que c’est pour cela qu’ils sont devenus moines, et que face à des stimuli désagréables, leur cortex préfrontal gauche reste actif et que leur droit ne s’emballe pas.
L‘expérience a été faite aussi avec des moines à 10000 heures de méditation et des moines à 40000 heures ( ça existe). Les super méditants activaient encore davantage leur pré frontal gauche.
Il semblerait donc bien qu il y ait une relation entre une pratique assidue de la méditation et l’obtention d’une aptitude à générer davantage d’émotions positivistes, à avoir de meilleures défenses immunitaires , même quand le contexte devient négatif.

A condition de méditer des milliers d’heures!
Sans aller si loin, cette façon d’utiliser la plasticité neuronale demande un entrainement rigoureux. Ce n’est pas en consommant des pilules ni en lisant des livres qu’on apprend à tracer en soi de nouvelles voies neuronales, mais en méditant.

comment définiriez vous l’acte de méditer?
Cela revient à rester dans l’instant présent. On peut éprouver des émotions mais sans laisser la pensée s’emballer .

Notre cerveau est la structure la plus complexe que nous connaissions. Nous l’avons comparer au centrale telephonique, puis au ordinateurs, et demain?

Nos modèles sont provisoires. Par exemple la théorie de Benveniste sur la mémoire de l’eau revient sur le devant de la scène portée par le prix Nobel Luc Montagnier. Il a développé des moyens de détecter les signaux électromagnétiques émis par les molécules.

On entre là dans un monde vibratoire et informationnel.
Nous baignons dedans avec nos smartphones et le Wifi, et nous avons du mal à imaginer que nous fonctionnons comme cela.
Peut être la plasticité du cerveau fait elle intervenir le remaniement permanent des cellules et de leur connexion. mais peut être aussi fait elle intervenir d’autres phénomènes d’ordres vibratoires?

Prenons les neurones en miroir: ne permettent ils pas de comprendre pourquoi deux personnes en relation fortes ont les mêmes zones corticales qui fonctionnent?

Oui, c’est ainsi vrai pour les cerveaux d’un thérapeute et son patient. quand nous sommes dans une certaine qualité d’être, nous dégageons des signaux imperceptibles à la conscience habituelle et qui sont pourtant captés par notre interlocuteur qui va les traiter à une vitesse folle.
Toutes ces impressions subtiles et non conscientisées vont déboucher à une impression globale. Cela peur expliquer l’influence de la présence des guérisseurs qui induit une sensation d’apaisement de soulagement. Certaines études commencent à prouver qu’il y a une modification de champ electro magnétique.

Comment expliquer le phénomène de contagion?
La mise en résonance des organismes d’individu est extrêmement banal. Par exemple, chez les femmes vivant en communauté, leurs ovulations se produira en même temps. On peut imaginer que cela réside dans des phénomènes mécaniques, vibratoires énergiques et hormonaux, tout comme une corde de guitare se let a vibrer quand on gratte la corde d’un autre instrument dans la pièce.

Quels seraient vos conseils pour garder un cerveau dynamique et jeune jusqu’à un âge avancé?

Developper la curiosité, le doute, l’incertitude, chercher, inventer.
Nous nous bardons de certitude pour fonctionner de manière efficace, et cela rigidifient nos neurones
La vieillesse, débarrassées du devoir de logistique d’éducation des enfants, peut être un âge privilégier de regain de fluidité , ou la plasticité neuronale peut être a fond, surtout au contact de jeunes générations.
Restez fluide et souple physiquement et aussi mentalement, les 2 fonctionnent ensemble.
Fluidité, curiosité, cohérence font de nous des êtres vivants et ces 3 qualités demandent discipline bienveillante et régulière, et de la pratique.
Une alimentation équilibrée
-Eviter les poisons( tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, drogues diverses, stress, manque de sommeil, pollution radioactives et électromagnétiques)

Le paysan qui cultivait son blé au bord du Nil il y a 4000 ans était probablement plus lié à la vie et à sa propre nature que nous le sommes aujourd’hui au travers de nos technologies sophistiquées. Coupés de la nature, nous délirons au sens ethnologique du terme qui vient du latin « delirare » , sorti du sillon. Notre civilisation cherche à conquérir, est guerrière et morbide, quitte à abimer et à tuer jusqu’ à nous mêmes. Notre culture scientifique ne croit que ce qui est démontré par les méthodes scientifiques, elle mêmes imaginées par notre cerveau.
Toutes les sagesses et spiritualité de l’humanité nous enseignent: revenir à l’ instant présent, respecter profondément ce qui est sacré et vivant en nous, nous rappeler que le mot humain vient du latin « humus », la terre, cet humus qui est aussi la racine de l’ humilité. La voie scientifique qui fonctionne à coup de démonstration sur les neurones en miroir et la plasticité du cerveau, ne nous permet pas de changer nos représentations suffisamment rapidement pour éviter que nous nous abimions définitivement. Il suffit de réapprendre à créer un espace à l intérieur de soi pour faire l’expérience de la vie qui nous anime.

chapitre 9 Epilogue; mais alors, qu’est ce que la conscience?

Notre cerveau produit-il de la conscience?
Le cerveau capte t-il un champ de conscience, plutôt que de le produire?
Interrogation quasi impossible car cette notre conscience qui pose cette question
Fermez les yeux et penser au visage d’un proche.
Comment se forme cette image? qui la regarde? d’ou vient que je puisse me poser la question?
De mémoire de petite fille, j’ai l impression que c’est la ^remiere question qui m est venu à l’esprit enfant.

un voyage au dela du cerveau
Jill Bolte Taylor : pour tenter d’aider son frère schizophrène, elle ne cesse depuis l’enfance de comprendre les dérèglements du cerveau et finie par devenir brillante neuro anatomiste à Harvard. Le matin du 10 décembre 1996, la chercheuse est victime d’un AVC. Je vous laisse regarder cette video où elle raconte comment elle a observer sa conscience peu à peu quitter son cerveau gauche. Elle constate que son cerveau droit continue de fonctionner, même mieux que d’habitude, n’étant plus entraver par le gauche. Paralysée, elle passera très près de la mort, mais jamais une partie de sa conscience n’aura cesser de tout noter, par curiosité intellectuelle . Elle mettra 10 ans à récupérer ses capacités physiques et mentales démontrant à nouveau que notre cerveau est plastique et adaptable.

Je souhaite que ce livre vous aide à comprendre les troubles que vous pouvez parfois ressentir et qu’il vous aidera à les surmonter , comme je l’ai fait.

Si ce long article vous a plus, n’hésitez pas à commenter, partager vos expériences , prenez des engagements, soyez curieux. Aimez et partagez. Du fond du coeur, merci.

 

 

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